“Tais-toi et Marche” : déjà des frondeurs à la République En Marche

© AFP - J. Saget
© AFP - J. Saget

Des Marcheurs en colère dénoncent (déjà) l’autorité de l’appareil au service d’Emmanuel Macron. La contestation naît en Bretagne, là-même où Richard Ferrand, secrétaire général du parti, est candidat aux législatives.

Par Eric Pinault

Le jeune parti La République En Marche serait-il déjà en voie de normalisation ? Quelques bagarres pour les investitures aux législatives, un ministre recadré par le chef du gouvernement, des candidats ou ministres visés par des enquêtes judiciaires et même des « frondeurs ».

Le « Collectif des Marcheurs en Colère » rassemblerait près de 300 adhérents de toute la France, selon sa co-fondatrice la Finistérienne Tiphaine Beaulieu.

Ce collectif publie un communiqué intitulé « Sauvons La République En Marche ».

Nous sommes attachés à ce que chacun des adhérents d'En Marche respecte les lois de la République, ainsi que les règles élémentaires de la courtoisie, du respect d'autrui, de l'honnêteté et de la probité (…)

Avant la colère, ces marcheurs ont battu le pavé quand En Marche ! n’était encore qu’une idée, un espoir de changement, sans garantie, ni adhérent. « C’est grâce à nous si 100 000 personnes ont été sensibilisées au projet à travers toute la France, et aujourd’hui on ne peut même plus s’adresser à nos dirigeants » déplore Tiphaine Beaulieu.

La base ne pourrait plus s’exprimer et cela l’exaspère. Elle s’empare alors des réseaux sociaux et monte un blog pour retrouver voix au chapitre, sans indulgence et fidèle aux valeurs édictées dans la charte du mouvement En Marche.

"On a alerté sur les affaires avant qu’elles sortent"

Sur twitter par exemple, le compte Marcheursencolère dénonce sans détour le manque de probité de certains candidats, Richard Ferrand en tête.

Un tweet apporte même son soutien à Gaëlle Nicolas, la concurrente LR de Richard Ferrand au second tour.

Pourquoi cet étalage sur la toile au risque de discréditer le mouvement. « On a alerté sur les affaires avant qu’elles sortent, mais sans prise en compte » commente Tiphaine Beaulieu qui ne comprend pas comment certains candidats ont pu être investis pour les législatives.

Le mode d’investiture lui-même, par un bureau national passe mal. Les recommandations des militants de terrain n’auraient pas été entendues. « On m’a demandé d’abord de déposer ma candidature (dans la 2ème circonscription du Finistère, celle de Brest Centre, NDLR) et finalement j’ai dû la retirer.

Démenti cinglant de Pierre Karleskind

Le référent LREM du Finistère réfute formellement ces accusations. « Cette "marcheuse" n’a pointé son nez dans les comités que tardivement  juste avant le premier tour et n’a visiblement pas digéré de n’être pas investie ou même suppléante aux législatives. »
Cette grogne pourrait-elle infléchir la Macronmania. Après tout une poignée d’hommes et de femmes convaincus ont bien réussi à porter un candidat de 39 ans à l’Elysée.

Une bulle ascensionnelle fragile et menacée d’éclatement ? Trop tôt pour trancher car la fulgurance de LREM ne pouvait que s’accompagner de quelques coup de tonnerre. En attendant la foudre peut-être…

A lire aussi

Sur le même sujet

SUIVEZ LES ELECTIONS SENATORIALES 2017 SUR FRANCE INFO

Age de l'apprentissage repoussé de 25 à 30 ans

Près de chez vous

Les + Lus