À Lille, la MEL traque les logements fantômes

La cour d'une maison abandonnée en cours de réhabiltiation, rue Louis Bergot à Lille. / © Sebastien JARRY / MAXPPP
La cour d'une maison abandonnée en cours de réhabiltiation, rue Louis Bergot à Lille. / © Sebastien JARRY / MAXPPP

La Métropole européenne de Lille compte des dizaines de milliers de logements vacants alors que de nombreuses familles sont dans l'attente d'un logement social. 

Par Q.V avec AFP

Identifier les habitations-fantômes, un vrai casse-tête pour la métropole lilloise en proie à une pénurie de logements sociaux. Nathalie Dwels, munie d'un plan cadastral, sillonne le quartier de Fives dans ce but. "Celui-là, il est clairement vacant."

S'il y a de la mousse ou de la végétation, c'est vacant


Dans l'ancien bastion ouvrier de Lille qui a vu se construire les ascenseurs de la Tour Eiffel ou les structures du pont Alexandre III à Paris, trouver des maisons murées sans fenêtre n'est pas rare. Les risques vont du squat à l'écroulement.

Comment repère-t-on une de ces maisons "fantômes" ? L'entrée extérieure "peut donner une bonne indication, en général, s'il y a de la mousse ou de la végétation, c'est vacant", Nathalie Dwels, assistante à la mission Logements vacants à La fabrique des quartiers.

Des indices sur la façade


Après avoir identifié tous les "indices" allant de la boîte aux lettres pleine à l'absence de rideaux sans pouvoir entrer, elle doit cocher la "destination envisageable":commerce, bureau, habitat individuel ou collectif... voire démolition.

La MEL, grande de 1,2 million d'habitants, compte près de 40.000 logements inoccupés - dont près de 7.000 à Lille. Le taux de vacance s'élève entre 8 à 10%, contre 5% à 6% dans d'autres agglomérations.



Cette spécificité s'explique par l'histoire du territoire, "un parc ouvrier, qui a été longtemps mis en location par les industriels eux-mêmes, puis revendu à des ouvriers aspirant à l'accession à la propriété". 

Ls estimations font état d'au moins 10.000 logements "dans des situations de blocage de longue durée, vides depuis plus de cinq ans, dégradés à très dégradés" explique Vincent Bougamont, directeur général de La fabrique des quartiers.

Dénuer les fils


Pour régler ces questions, il faut dénouer les fils pour retrouver les propriétaires de ces biens, sans craindre parfois de se plonger dans des situations familiales complexes.

Quand le propriétaire refuse de s'en défaire, "il peut y avoir une enquête publique et on peut aller jusqu'à l'expropriation du bien, c'est un terme qui fait peur mais la valeur du bien est fixée en fonction de son état et du prix du marché par le service de France Domaine", détaille Nathalie Magnier.

C'est du foncier à réveiller, on peut le recycler plutôt que d'aller construire dans des champs de patate !


La mission, initiée en automne 2016, en est encore au stade du diagnostic. En attendant, 40.000 ménages sont en attente d'un logement social.

Surtout, ces logements vacants sont "dans la ville, construit dans des quartiers où il y a des commerces et des transports en commun. C'est du foncier à réveiller, on peut le recycler plutôt que d'aller construire dans des champs de patate!" défend Vincent Bougamont.

C'est pour cette même raison que la ville de Roubaix, qui compte 2.000 logements vacants très dégradés, veut mettre en place en 2018 un dispositif de vente de maisons à un euro contre réhabilitation.


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