Migrants à Calais : les associations mitigées sur la création de deux centres en Hauts-de-France

Gérard Collomb avait rencontré des représentants associatifs fin juin. / © MAXPPP
Gérard Collomb avait rencontré des représentants associatifs fin juin. / © MAXPPP

Deux des principales associations intervenant auprès des migrants à Calais ont réagi de manière mitigée à l'annonce lundi par le ministre de l'Intérieur de l'ouverture prochaine de deux centres pour les héberger et examiner leur situation.

Par Jeanne Blanquart avec AFP

Pour le Secours catholique, "il s'agit d'un premier pas important", a déclaré son président départemental, Didier Degrémont. "Mais il ne faut pas se contenter de créer ces centres et d'y bloquer 300 personnes, sans qu'elles en voient l'issue. Il faut qu'il y ait une gestion efficace de ce dispositif et qu'une fois accueillis et mis en sécurité, ils puissent être réorientés vers d'autres CAO, où il doit y avoir le nombre de places nécessaires pour les reloger en vue de leur demande d'asile. Ce qui laisserait en permanence un volant de places disponibles", a-t-il expliqué.  

Le président de l'Auberge des migrants, Christian Salomé, s'est montré, lui, plus réservé sur ce dispositif. "Ici, à Calais, ce ne sont que des réfugiés qui ont envie de rejoindre leur famille en Angleterre. Le fait d'ouvrir des centres à 100 km d'ici, et de les y envoyer, ça leur fera de la marche pour revenir ici... La réponse à la problématique de Calais n'est pas l'ouverture de centres d'accueil" dans la région, a-t-il insisté, évoquant la possibilité de "couloirs humanitaires" vers l'Angleterre.


Deux centres dans la région


Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé lundi l'ouverture "dans les dix jours qui viennent" de "deux centres assurant l'hébergement et l'examen des situations de ces personnes", à Troisvaux (Pas-de-Calais) et Bailleul (Nord). Ils disposeront à eux deux de 300 places.

Le maire de Troisvaux, Charles Torchy, a indiqué qu'un Centre d'accueil et d'orientation (CAO) avait déjà ouvert sur sa commune rurale de 300 habitants à la mi-mai, dans une abbaye. "Elle peut accueillir au maximum une soixantaine de réfugiés, ce matin, il y en avait un peu plus de vingt", a-t-il dit. La mairie de Bailleul (15.000 habitants) a annoncé de son côté une conférence de presse ce mardi matin.


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