La responsable d'une “cellule de déradicalisation” en correctionnelle

© PQR/LeRépublicainLorrain/MaxPPP
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Sonia Imloul, ancienne responsable d'une structure chargée d'accompagner les familles de jeunes fascinés par le jihad, une des premières "actrices" de ces tentatives de lutte, est jugée devant le tribunal correctionnel de Paris pour détournement de subventions, blanchiment et travail dissimulé.

Par Christian Meyze

C'était une des premières militantes associatives choisies par le ministère de l'Intérieur pour ouvrir une structure de "déradicalisation", une structure pour tenter de lutter contre un phénomène dont on découvrait, en 2014, qu'il gangrénait à grande vitesse, la jeunesse française et européenne. Sonia Imloul sera la première, mais sans doute pas la dernière, à devoir rendre des comptes devant la justice.

Des décisions prises à la hâte 

En 2014, le gouvernement français découvre avec effroi (la France vient d'engager ses forces dans les bombardements des forces terroristes de "l'Etat Islamique" aux côtés des Etat-Unis) l'ampleur du phénomène de radicalisation salafiste parmi les jeunes français et le nombre très inquiétant de tentatives, réussies ou pas, de départs de jeunes vers la Syrie.

Dans la précipitation, le gouvernement cherche une réponse pour rassurer l'opinion publique qui découvre elle aussi le phénomène. Mais en la matière, il n'existe rien de construit puisque personne n'a jamais eu affaire à quelque chose de semblable. Alors les pouvoirs publics pensent bien faire en se tournant vers les habituels militants sociaux implantés sur le terrain, dans les banlieues et leurs cités, là où le salafisme semble prospérer le plus. Des associations sont alors choisies, comme souvent les plus médiatiques, les plus "dans la lumière" et reçoivent des fonds publics. C'est le cas de Sonia Imloul, à l'époque "figure médiatique".

Les autorités lui reprochent d'avoir détourné des subventions, versées à hauteur de 60.000 euros, et d'avoir employé trois personnes dans sa structure sans leur verser de salaire, ni leur fournir de contrats de travail - l'une a finalement eu un contrat de travail antidaté et dit avoir perçu une somme d'argent. Sa structure, baptisée "la Maison de la prévention et de la famille", accueille des familles envoyées par la préfecture de police de Paris, dans un appartement loué à Aulnay-sous-Bois. Mais, un an plus tard, la structure met la clef sous la porte, les autorités lui ayant retiré leur soutien.

La justice reproche aujourd'hui d'avoir détourné l'argent à son profit, via des versements à sa mère et à un ex-conjoint. On lui reproche aussi d'avoir sous-loué des pièces de l'appartement d'Aulnay à des tiers. Et ses anciens "employés" lui reprochent ses méthodes et surtout, de ne jamais les avoir payés


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