Une filière asphyxiée ? La toute nouvelle Ecole de droit de l'Université d'Auvergne fait sa rentrée.

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Écrit par Yannick Kusy .

D'après un article du journal Le Monde, le constat est sans appel, la filière serait "asphyxiée". Nous avons contacté l'un des responsables en Auvergne pour connaître son point de vue.

Ce jeudi 4 octobre, à 18 heures, sera placé sous le signe de la convivialité à l'Ecole de droit de l'Université d'Auvergne. C'est en effet le rendez-vous fixé aux étudiants et enseignants pour faire leur rentrée autour d'un cocktail musical. Un moment de détente qui contraste avec le sentiment de crispation que suscite la lecture, le même jour, d'un article signé Isabelle Rey-Lefebvre dans le Monde. Interview

Une filière ouverte sur le monde réel

A Clermont-Ferrand, la filière fait peau neuve. Jusque là, les étudiants se répartissaient entre la Fac de droit de Sciences-po et l'Institut de préparation à l'administration générale (IPAG). Depuis la réorganisation de l'université de 2012, a été créée l'Ecole de droit de l'Université d'Auvergne, qui regroupe l'ensemble de ces formations. pour le doyen Florent Garnier, cette école "puise sa force dans le fait que cette formation s'appuie sur un laboratoire de recherche, notamment autour des problèmes juridiques. Nous sommes à la fois enseignants et chercheurs et nos étudiants bénéficient de cette double compétence."

L'un des problèmes de la filière "droit", souligné par l'article du monde et pointé par la Cour des comptes, est sans doute le nombre croissant de candidats pour un taux d'encadrement trop limité. En France, les effectifs auraient "flambé de 10.5% entre 2005 et 2009, quand le nombre d'enseignants ne progressait, lui, que de 6.5%". Plus grave, d'après la même source, le budget moyen consacré à un étudiant en droit serait entre 2 et 6 fois inférieur à celui d'un autre étudiant, en économie, ou même en sport! S'il reconnait le manque de moyens d'encadrement global à l'Université d'Auvergne, Florent Garnier rétorque que l'enseignement est renforcé par les "interventions de professionnels venus de l'extérieur".


Selon lui, "il ne faut pas limiter ses observations à la quantité, mais aussi scruter la qualité de nos enseignements. Nos masters, par exemple, sont en relations directes avec les entreprises et les collectivités locales. A titre d'exemple, nous travaillons avec michelin sur des problèmes juridiques. Nous ne faisons pas de l'enseignement juridique pour le plaisir. Nos étudiants sont en prise directe avec les réalités". De quoi contrer les critiques des syndicats d'étudiants qui reprochent globalement à cette filière d'être "fermée sur elle-même". Selon la FAGE et l'UNEF, le "monde du droit devrait permettre aux étudiants de choisir une professionnalisation plus progressive et plus professionnelle".
Un argument balayé par le Doyen : "C'est une vue stérotypée. Nous sommes en constante évolution. Deux exemples : Tout d'abord, nous proposons aux étudiants une Licence de droit en économie et gestion. Avec une première année d'orientation progressive, une seconde dite de "détermination" et enfin une troisième année de spécialisation. Par ailleurs, nous leur proposons une formation avec une majeure en droit et une mineure en économie et gestion. Sans jamais mettre de côté l'esprit d'ouverture sur l'international. Nous organisons des échanges à la fois d'enseignants et d'étudiants".

Préparer à plusieurs issues...

Autre nouveauté de cette Ecole de droit de l'Université d'Auvergne : l'Institut des métiers de l'administration de la justice (IMAJ). Elle concernera environ 350 des quelques 3000 étudiants de la filière. "Il s'agit de préparer au Concours de la fonction publique, qu'elle soit territoriale, d'Etat...Elle prépare également à l'examen d'entrée pour devenir avocat".
Dernière critique, soulevée par Le Monde, qui relaye une enquête du Centre d'études et de recherche sur les qualifications (Céreq) : "l'insertion professionnelle des diplômés en droit est inférieure à la moyenne, qu'ils s'arrêtent après une licence ou un master". Pour Florent Garnier, "c'est un constat général, qui ne concerne pas que la filière en droit. il est évident qu'ne temps de crise, il est moins facile de trouver des débouchés. Celà étant dit, plus le diplome est élevé, plus l'insertion professionnelle est rapide. Au niveau doctorat, elle ne pose généralement aucun problème."
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