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Bocuse d'or 2013: Comment la France a fini par s'imposer ?

Le jeune chef Thibaut Ruggieri,originaire de Megève, a décroché hier le Bocuse d'or, suprême consécration de la gastronomie internationale. Mais comment a-t- il fait pour l'emporter parmi 23 autres chefs déjà finalistes de grandes sélections internationales ?Nous vous le racontons ici.      
© Julien Sauvadon
De délicieux fumets s'échappent des casseroles. Fébriles ou au contraire très zen, 24 chefs du monde entier se sont affrontés, tels des coureurs de fond, à Lyon-Eurexpo, lors du Bocuse d'Or remporté, mercredi, par la France.
C'est finalement le Français Thibaut Ruggieri qui a décroché ce prestigieux trophée en devançant le Danois Jeppe Foldager, 27 ans (Bocuse d'Argent) et le Japonais Noriyuki Hamada, 37 ans (Bocuse de Bronze). Offrant ainsi la 7e victoire à la France depuis la création des Bocuse d'or en 1987. A bientôt 87 ans, c'est le créateur des Bocuse d'or lui-même  "Monsieur Paul", souriant mais fatigué, qui a proclamé la victoire, laissant au sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb le soin de remettre au vainqueur la statuette à son effigie.

Chef adjoint chez Lenôtre à Plaisir (Yvelines), Thibaut Ruggieri, originaire de Megève, a conquis le jury notamment avec son "filet de boeuf dans l'idée d'un Rossini" et son turbot aux "perles d'infusion aux herbes" et "cromesquis".


Une compétition très disputée


Par groupes de douze, les finalistes des sélections en Europe, Asie et Amérique latine, ont rivalisé d'audace et de créativité, durant 5h35, mardi et mercredi, pour sublimer le boeuf irlandais, le turbot et le homard. Une compétition, mais aussi un spectacle très médiatisé, face à 1.800 supporteurs survoltés dans les tribunes.

Indifférent au vacarme ambiant, celui qui finira second, le Danois Jeppe Foldager hache des truffes. Le secret de ses recettes ? "Le respect des produits, un bon goût classique avec une touche danoise, de la légèreté et beaucoup d'herbes", résume son coach Jakob De Neergaard.
"La première heure est primordiale, il faut lancer la machine", confie Romuald Fassenet, coach du Japonais Noriyuki Hamada. Ce "guerrier samourai", à la "recherche de la perfection" mise sur les "parfums du Japon" et le "design de l'assiette", explique le Français. Le japonais terminera troisième...

Un peu "nerveux", le Français Thibaut Ruggeri, 32 ans, livre une "course contre la montre" pour réaliser ses plats "inspirés du savoir-faire à la Française et de Versailles". Soutenu par un groupe de supporteurs en place dès 5h30. Et par une nuée de stars de la gastronomie, à l'instar d'Emmanuel Renaut, trois étoiles à Megève et juré français. "Reste concentré! On y va nickel chrome", l'encourage son coach Fabrice Prochasson.

A un détail près

A la mi-journée, les 24 membres du jury présidé par le Danois Rasmus Kofoed,Bocuse d'Or 2011, entrent  en scène, accompagnés de Jérôme Bocuse, président du Sirha. C'est l'heure fatidique où chaque présentation est scrutée dans ses moindres détails, décortiquée du regard, appréciée dans ses saveurs les plus subtiles.

La victoire française se joue à quelques nuances et à un détail peut-être. "On savait qu'il fallait envoyait chaud " observe Fabrice Prochasson, le coach francais. "On avait travaillé encore tard la veille, on avait  travaillé sur un plan réfléchi qui pouvait plaire à un jury international. Je me suis battu avec Thibaut pour lui faire comprendre qu'il fallait envoyer un plat chaud ". Une gageure : La cuisson du boeuf d'Irlande devait être exceptionnelle pour emporter l'adhésion du jury. Mais le pari est bien tenu et la France s' impose pour la septième fois dans ce concours d'excellence.
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