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Michelin confirme ses objectifs malgré une lourde provision au 1er semestre

Michelin, en pleine restructuration en France, a maintenu ses objectifs annuels jeudi, malgré une lourde provision pour restructuration qui a plombé ses bénéfices au premier semestre.
Le bénéfice net de Michelin a fondu en un an de 44,6% à 507 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année, en raison principalement d'une provision pour restructuration de 250 millions d'euros, liée aux projets d'amélioration de la compétitivité industrielle. Le fabricant de pneumatiques a annoncé en juin une réorganisation de ses activités en France, qui va se traduire par l'arrêt de la production de pneus poids lourds sur son site de Joué-lès-Tours en Indre-et-Loire et la perte de 730 emplois. Une partie de cette activité sera transférée dans son autre usine de La Roche-sur-Yon. Le groupe français va aussi céder ses activités de fabrication de pneus poids lourds et de ventes de pneumatiques en Algérie. Il avait averti s'attendre à une provision de 135 millions d'euros de charges exceptionnelles.

De janvier à août, Michelin a aussi été obligé de baisser ses prix, ce qui se traduit par un effet "mix-produit" de -242 millions d'euros, en recul de 2,3%. Il a aussi subi l'impact négatif du taux de change favorable lié à l'évolution de l'euro estimé à 143 millions d'euros. Mais le groupe de Clermont-Ferrand assure avoir presque compensé ces éléments négatifs par l'impact de la baisse des coûts des matières premières, qui lui a permis d'économiser 206 millions d'euros.

Les ventes semestrielles du groupe clermontois se sont repliées de 5% à 10,2 milliards d'euros toujours plombées par l'Europe, alors que l'Asie et l'Amérique du nord ont bien résisté. Les volumes ont baissé de 1,5%. Son résultat opérationnel avant éléments non récurrents a baissé de 12,7% sur un an, à 1,15 milliard d'euros.

Performance en deçà des attentes

Dans l'ensemble, la performance de Michelin est en deçà des attentes des analystes interrogés par l'agence Dowjones. Ces derniers prévoyaient un résultat net à 613 millions d'euros, des ventes à 10,13 milliards et un résultat opérationnel à 1,18 milliard. Le fabricant de pneus a toutefois maintenu ses prévisions annuelles, misant sur une baisse continue du cours des matières premières dans la seconde moitié de l'année. "Au second semestre, l'effet de la baisse des cours de matières premières devrait s'amplifier et générer un impact favorable de l'ordre de 350 millions d'euros sur le résultat opérationnel", explique-t-il.

Dans ce contexte, compte tenu d'une perspective de stabilisation des prix par rapport au premier semestre, la marge opérationnelle du groupe au second semestre devrait "bénéficier de l'impact des coûts de matières premières qui devrait plus que compenser l'effet mix-produit", ajoute Michelin. Dans l'ensemble, il table sur un résultat opérationnel avant éléments non récurrents stable, une rentabilité des capitaux employés supérieure à 10% et la génération d'un cash flow positif.

"Dans un environnement de marchés qui devrait confirmer une reprise sur des bases peu élevées dans les pays matures et la croissance dans les nouveaux marchés, Michelin a pour objectif une augmentation modérée des volumes au second semestre", assure le groupe, confirmant qui confirme son objectif de volumes stables pour l'ensemble de l'année 2013. L'ensemble de ses branches d'activités ont souffert sur les six premiers mois de l'année. Le chiffre d'affaires de sa principale division "tourisme camionnette" a baissé à 5,321 milliards, contre 5,501 milliards sur la même période en 2012. Dans ce secteur, la baisse de la demande a ralenti en Europe (-3%) pour les pneus "première monte", tandis que les ventes ont progressé de 4% en Amérique du nord. Même tendance en Asie (hors Inde), tirée par la demande en Chine (+13%) où Michelin n'est pas impacté par le ralentissement de la croissance, et en Amérique du Sud (+14%).

Les ventes de pneus poids lourds, branche très affectée par le recul de la demande mondiale, ont baissé de 7,9% sur un an, à 3,121 milliards. Là encore, la situation est contrastée. En Europe, les ventes "première monte" sont stables, l'Asie (+4%) et l'Amérique du Sud (+41%) sont en augmentation. L'Amérique du nord chute de 13%. Les autres activités (pneus destinés aux équipements de génie civil, agricole, deux roues et avions) n'ont pas été épargnées avec une baisse de 11,3% en un an à 1,71 milliard d'euros.
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