Assises de l'Allier : portrait de l'accusé, Houcine Benchaïb

Houcine Benchaïb et son avocat Me Canis lors du 3e jour de son procès en appel / © France 3 Auvergne
Houcine Benchaïb et son avocat Me Canis lors du 3e jour de son procès en appel / © France 3 Auvergne

Qui est Houcine Benchaïb, l'homme qui se défend depuis lundi aux assises de l'Allier, où il est jugé en appel pour le meurtre de sa concubine? Voila la question a laquelle la cour à tenté d'apporter des réponses aujourd'hui, avec les auditions de plusieurs experts.

Par Valérie Riffard

"Violent, dangereux, impulsif, tyran, geôlier psychologique"... À la barre ce matin, l'un des enquêteurs, le policier chargé de cerner la personnalité d'Houcine Benchaïb, n'a pas mâché ses mots. Des mots tirés des auditions de 70 témoins dont il a fait une synthèse à charge, ce que n'a pas manqué de lui reprocher le conseil de l'accusé, Maître Jean-Francois Canis.

Houcine Benchaïb, un homme qui dès le début de son procès en appel s'est présenté comme acteur de sa défense, n'hésitant pas à demander la parole au président pour s'expliquer, se justifier, avec une tendance à se positionner comme une victime. "Ce que je vous dis est la vérité... Maintenant si elle ne vous plaît pas... Allons-y! De toutes façons, à vos yeux, je suis coupable depuis le début". Et d'ajouter un peu plus tard "On s'acharne sur moi... J'ai  pas voulu ce qui est arrivé, on avait tout pour réussir Delphine, notre fille et moi... Si vous aviez vu nos photos de famille... Mais l'ordinateur a disparu!"

Dans le box, l'homme est bavard, embarque la cour dans des flots de paroles sans réellement répondre aux questions posées. Il parle parfois de lui à la troisième personne, s'emporte mais s'arrête, dès que le président hausse le ton. Il dénonce des maltraitances qu'il aurait subies en garde à vue et en détention. Puis pendant de longs moments, il se referme, prostré, la tête dans les mains, en arrive à pleurer. Lorsque des témoins l'accablent, il ne peut s'empêcher de désapprouver leurs propos en secouant la tête. Car rien se semble ébranler sa vérité. L'expertise psychologique relève d'ailleurs une "incapacité à se remettre en cause".

Houcine Benchaid, un homme aujourd'hui âgé de 39 ans qui a vécu de petits boulots avant de travailler dans le bâtiment et de monter sa propre entreprise de décoration en 2009. Un ancien client est venu dire qu'il était très satisfait, qu'il travaillait en confiance, qu'il n'hésitait pas à lui laisser ses clés. Un de ses collègues parle d'un "gars bien, travailleur, toujours serviable".

Son parcours professionnel, Houcine Benchaib le qualifie lui même de "chaotique". Car il affirme qu'avec son nom, il ne pouvait pas trouver de travail. Et que quand il travaillait, il était victime d'actes racistes. Un peu plus tôt dans la semaine, il avait d'ailleurs expliqué que si, dans un premier temps il n'avait pas reconnu sa fille, c'était parce qu'il ne voulait pas qu'elle porte son nom. Et que parfois, il prenait le nom de sa compagne.

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