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Hébergement d'urgence: 12000 euros requis contre le Père Riffard

Le curé de la paroisse de Montreynaud comparaîssait ce matin devant le tribunal de police de St-Etienne. Le père Riffard héberge depuis 239 jours des réfugiés africains dans un local non habilité,malgré une interdiction formelle.12 000 euros sont requis contre lui pour avoir enfreint la loi       
Près de 12.000 euros d'amende ont été requis mercredi contre un prêtre de Saint-Etienne à la retraite enfreignant un arrêté municipal en hébergeant des sans-logis dans un local paroissial.Le tribunal de police de Saint-Etienne a mis son jugement en délibéré au 10 septembre

Il est reproché au père Gérard Riffard, 70 ans, de mettre à la disposition de personnes en attente d'un hébergement, un local paroissial de l'Eglise Sainte-Claire,dans le quartier de Montreynaud, classé en Zone de sécurité prioritaire.Le prêtre à la retraite préside depuis quatre ans une association d'accueil et d'accompagnement des sans-logis, baptisée "Anticyclone", "par référence aux hautes pressions qui chassent les nuages et font rentrer le soleil, même quand il fait
froid", a-t-il déclaré à l'audience.

"Au départ, il y a environ sept ans, j'ai commencé à héberger des personnes sans toit dans mon appartement", a-t-il expliqué, ajoutant que depuis le nombre était monté à une quarantaine de sans-abri, dont de nombreux Africains originaires de la RDC, qui dormaient dans la salle paroissiale attenante à l'église.

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Procès de l'abbé Riffard

Le représentant du parquet, André Merle, a requis une condamnation correspondant à 239 fois une amende 50 euros, pour avoir enfreint un arrêté municipal de février 2013 ordonnant l'arrêt de l'hébergement dans ce bâtiment ne respectant pas toutes les normes de sécurité pour l'accueil du public.

L'ecclésiastique a fait valoir que "l'Etat est tenu par la loi d'héberger les demandeurs d'asile, ce qu'il ne fait pas complètement", soulignant le conflit entre ce qu'on lui reproche et "l'obligation à ne pas laisser les gens dehors, en situation de danger"."On fait ce qu'on peut avec les moyens qui sont les nôtres, mais on ne tient pas à répondre à toutes les normes de l'hébergement car nous ne sommes pas une structure de cette nature", a-t-il expliqué.

Le prêtre, qui a reçu le soutien de l'évêque de Saint-Etienne Mgr Dominique Lebrun, réfute l'argument suggéré par le président du tribunal d'instance Henry Helfre, selon lequel l'ouverture des portes de cette église et de ses installations sommaires provoquerait "un appel d'air en faveur du puits sans fond qu'est l'immigration clandestine".

Me Chantal Jullien a demandé la relaxe de son client, réfutant le caractère d'établissement recevant du public et ses normes pour le local où logent les adhérents de l'association.Elle a également invoqué "l'état de nécessité et la protection contre un danger imminent, face à la non-application du droit fondamental que constitue l'hébergement d'urgence".

A l'issue de l'audience, le prêtre a exprimé sa satisfaction d'avoir eu "un débat de qualité avec le tribunal, pour poser les questions de fond", soulignant que "la dimension juridique ne doit pas prendre le dessus sur le respect de l'Homme".


L'abbé Riffard était accompagné au tribunal de nombreuses associations qui soutiennent sa cause .
   

 

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