“Ma thèse en 180 secondes”, des doctorants sur scène

© France 3 RA
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"Ma thèse en 180 secondes" est un concours d'éloquence doctorale. La finale nationale avait lieu mardi 10 juin, sur le campus de la Doua, dans l'agglomération lyonnaise. Trois lauréats français se sont qualifiés pour la finale internationale qui se déroulera au Canada en septembre.

Par dm (avec AFP)

C'est dans un amphithéâtre bondé et surchauffé de l'université Claude Bernard-Lyon 1 que quinze candidats âgés de 23 à 29 ans, dont 12 jeunes femmes, ont disputé la finale de la première édition nationale de cette compétition. Ils ont été ovationnés par près de 450 spectateurs.

L'épreuve...

15/05/14 / © France 3 RA Au top départ, deux écrans égrènent les précieuses secondes. Tour à tour, les finalistes lancent leur texte, sans notes et sans prompteur. Un "bip" leur signale les trente dernières secondes. Concision, vulgarisation et pédagogie sont de rigueur pour présenter en trois minutes son sujet de doctorat (en chimie, littérature, génétique, histoire, droit ou biologie...) à un public profane et un jury présidé par la secrétaire d'État en charge de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso. La compétition est organisée par la conférence des présidents d'université (CPU) et le CNRS.

Le public, de tous âges, a été conquis par l'exposé de Marie-Charlotte Morin, biologiste moléculaire à Strasbourg, qui s'intéresse au changement d'identité cellulaire, notamment celui d'une cellule rectale d'un petit ver, le C.elegans, capable de devenir un neurone. Le phrasé est rapide, la gestuelle efficace, l'humour omniprésent. "Passer des lignes de production fécale à PDG de la boîte (...) autant vous dire que c'est l'ascension sociale inespérée", dit-elle malicieusement, expliquant que "certains gènes vont même essayer d'empêcher d'accomplir ce destin extraordinaire, comme un mauvais conseiller d'orientation vous pousse à faire le même métier que vos parents". Elle remporte le 1er prix et le prix du public. "Je n'ai aucun mérite, mon sujet se prête à la blague. Et du coup, à chaque fois que j'en parle, je le prends avec humour parce que tout le monde se moque de mon sujet de thèse. Donc on va dire que j'avais déjà pas mal d'idées de vannes en tête pour ce concours", commente la lauréate.

Marie-Charlotte Morin participera à la finale internationale du concours, les 24 et 25 septembre à Montréal, avec les deux autres lauréates françaises : la biologiste auvergnate Noémie Mermet et la juriste lyonnaise Chrystelle Armata, étudiante en droit à l'université Jean Moulin Lyon 3. Les trois jeunes doctorantes représenteront la France. 

Les trois sujets....

Marie-Charlotte Morin est doctorante à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire de l’Université de Strasbourg. Son sujet : "Rôle des protéines lin-15A et rétinoblastome dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C.elegans."

Noémie Mermet, doctorante à l’université d’Auvergne dans le laboratoire NEURO-DOL. Son sujet de thèse : "Implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKCγ dans un contexte d’allodynie."
Chrystelle Armata est doctorante à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Elle effectue sa thèse dans l’équipe de recherche de droit privé. Son sujet : "La loyauté probatoire à l’épreuve des nouvelles technologies".

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