Air France : vers une sortie de crise ?

Au huitième jour de grève, Air France a lâché du lest lundi en annonçant la suspension jusqu'en décembre du projet de développement de sa filiale à bas coût Transavia en Europe, au coeur du conflit des pilotes, espérant ainsi une sortie de crise. Côté passagers, encore 60% d'annulations à Lyon.

© Archives, France 3 Rhône-Alpes
L'annonce a été faite par le PDG du groupe AF-KLM Alexandre de Juniac à l'ensemble des syndicats de l'entreprise : la suspension "jusqu'à la
fin de l'année du projet de création de filiales de Transavia en Europe, hors France et Pays-Bas" est une "ultime proposition" pour mettre fin à une grève "infondée".
 
Perçu par les pilotes comme la porte ouverte à une "délocalisation" de l'emploi français, le déploiement de Transavia va faire, avant la fin de l'année, l'objet d'une négociation avec toutes les catégories de salariés. Le groupe AF-KLM veut faire passer la flotte de Transavia France de 14 à 37 avions. Il avait affiché sa volonté d'ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

Il y aura "un dialogue approfondi" pour "construire avec les syndicats les garanties nécessaires", a promis M. de Juniac. "Mais cette démarche d'apaisement ne doit pas porter atteinte à notre ambition de développement de Transavia, qui est un des relais de croissance majeur du groupe
Air France-KLM", a-t-il souligné.

Le rejet du SNPL 

Le premier syndicat de pilotes d'Air France, le SNPL AF Alpa, a rejeté fermement la proposition de la direction. Dénonçant une "ultime provocation" du patron du groupe AF-KLM, Alexandre de Juniac, le syndicat estime, dans un communiqué diffusé sur son site internet, que l'annonce faite aux syndicats lundi matin "n'est qu'un écran de fumée qui n'offre pas plus de garanties que les annonces précédentes, et ne résout aucun problème".

Le syndicat appelle les pilotes à rester mobilisés et à se rassembler mardi en uniforme à proximité de l'Assemblée nationale.

La plus longue grève depuis 16 ans

Depuis huit jours, plus de la moitié des avions de la compagnie sont cloués au sol dans le cadre de cette grève, la plus longue depuis 1998. Le SNPL avait annoncé samedi, après consultation de ses adhérents, la reconduction de la grève jusqu'au vendredi 26, sans exclure d'aller au-delà. Un autre préavis du deuxième syndicat de pilotes, le Spaf, court  jusqu'à mercredi.

Air France a prévu d'assurer lundi 42% de ses vols en moyenne, avec un taux de grévistes de 65%, stable par rapport au week-end et quasi inchangé depuis le début du conflit. Pour mardi, la compagnie escompte une légère amélioration, avec 48% des vols assurés et un taux de grévistes de 57%.

Le gouvernement français a multiplié ces derniers jours ses appels à la fin du conflit. "Il faut que le travail reprenne", a martelé lundi matin le secrétaire
d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, sur Europe 1. Dès la semaine passée, le Premier ministre Manuel Valls avait appelé en vain les pilotes à "arrêter" leur grève, selon lui, "pas comprise". L'Etat est actionnaire d'Air France à hauteur de près de 16%.

Alexandre de Juniac, a chiffré le coût du mouvement à "10 à 15 millions d'euros" par jour pour la compagnie, qui "sort à peine la tête de l'eau".
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