Le sommet de l'élevage, rendez-vous de l'a-geek-ulture

Les outils de l'éleveur, de plus en plus souvent numériques et mobiles
Les outils de l'éleveur, de plus en plus souvent numériques et mobiles

Gestion des naissances sur tablette tactile, alerte mobile lors des vêlages, GPS intelligent ... Pour gérer son exploitation, l'éleveur du XXIe siècle dispose d'un éventail d'outils hi-tech à faire pâlir les plus fervents technophiles. 

Par Fabien Gandilhon

Si les technologies mobiles, les tablettes et les smartphones ont envahi les poches du grand public, elles trouvent aussi leur place du côté des éleveurs. Sur le sommet, on ne compte plus les stands qui affichent fièrement leur dernier produit hi-tech qui promet de simplifier la vie de l'agriculteur moderne.

L'épandeur intelligent

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Chez les lorrains de la famille Pérard, les épandeurs peuvent dorénavant être dotés d'un boîtier de régulation intelligent. Cet ordinateur embarqué prend en compte le type de produit à épandre, la vitesse du tracteur, la densité à déposer et la pente du champ, puis il gère seul l'ouverture de la porte ou le rythme du tapis. A l'arrivée, Guillaume Pérard, commercial nous explique ainsi qu'avec ce système "il n'y a qu'à rentrer les paramètres au début, ensuite l'épandage est extrêmement régulier". Et a priori, les agriculteurs plébiscitent déjà cette option à 10.000 euros tout de même : "ça vient de sortir, mais on en a déjà vendu plusieurs !"

La gestion de l'exploitation sans bouger du champ

Un peu plus loin, à l'abri de la halle, les éditeurs de logiciels de gestion d'exploitation présentent eux aussi leurs dernières trouvailles. Cela fait longtemps que la plupart d'entre eux savent gérer les naissances, les maladies, les traitements administrés ou les arbres généalogiques des animaux, voire même la déclaration immédiate des changements aux organismes compétents. "Quand l'éleveur notifie une naissance sur son ordinateur par exemple, cela rentre directement dans la base de l'établissement départemental de l'élevage (EDE) correspondant" explique Véronique Salacroup, agent d'identification à la chambre d'agriculture du Cantal. "Avant, il fallait faire une déclaration papier ... en terme de délai, c'est beaucoup plus rapide. Et cela évite les erreurs de saisie". 

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Mais la grande nouveauté de cette année pour ce système (baptisé Synel / Selso / Synest selon les régions), c'est que l'agriculteur va pouvoir faire cela au beau milieu de son champ, avec une application pour smartphone ou tablette. Et si par malheur, il ne se trouve pas dans une zone couverte par le réseau mobile, les données sont enregistrées hors-ligne pour être envoyées plus tard. Les promoteurs du système envisagent déjà des évolutions : "dés que les smartphones seront plus largement compatibles avec le NFC (transmission sans contact), on devrait pouvoir proposer une lecture directe de la puce du bovin ou de l'ovin avec le téléphone."

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Chez le voisin, Boviclic, on suit la même voie.  Le stand met en avant la nouvelle mobilité de l'outil de gestion du troupeau. Du suivi sanitaire au suivi économique en passant par celui des performances, tout tient désormais dans la main. Sur son téléphone, l'éleveur peut ainsi consulter des outils d'analyse de la santé générale de son troupeau et même comparer si celui-ci se situe dans les moyennes par rapport aux autres troupeaux de races similaires. Mickael Burlaud, animateur technique sur le stand explique : "Auparavant, notre outil se présentait sous la forme d'un logiciel à installer sur l'ordinateur, mais nous avons maintenant une version entièrement en ligne sur le web, avec une déclinaison mobile. Nous avons 5.000 utilisateurs sur la version "classique" et 11.000 sur la version web, avec une transition progressive vers cette dernière. Et les gens qui font le pas ne reviennent pas en arrière !"

A deux pas, l'entreprise ISAGRI propose un outil similaire avec là aussi un grand succès : "l'application pour smartphone est sortie il y a 15 jours et on en a déjà vendu beaucoup !" s'enthousiasme Charlotte Bonnet, chargée de la communication. "Avant, avec l'ordinateur, l'agriculteur devait rentrer chez lui, maintenant il fait tout directement sur son smartphone, c'est synchronisé immédiatement, c'est un très important gain de temps."

De la géolocalisation et de la mobilité

Mais la société propose aussi d'autres produits qui ne dépareilleraient pas dans un salon hi-tech. Ainsi, les visiteurs se pressent pour voir un logiciel de gestion des parcelles avec cartographie en 3D ou la tablette renforcée pour stabulations.

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Nombreux sont aussi ceux qui s'arrêtent devant le dernier ordinateur de tracteur de la marque. "Lorsque l'on veut pulvériser des produits, l'ordinateur et son GPS gèrent le tracé à emprunter en fonction de la parcelle, on économise des passages et cela permet d'économiser 5 à 10 % d'engrais ou de produits phytosanitaires." Avec sa connexion 3G, la machine récupère aussi la météo pour aider à choisir le moment idéal pour traiter, le tout parfaitement synchronisé avec l'ordinateur de la maison. Le tout pour 3.000 euros environ.

Des capteurs qui téléphonent quand une vache s'apprête à vêler 

Le salon est aussi l'occasion de découvrir des dispositifs connectés plus originaux. Sur son stand, l'entreprise stéphanoise ALB innovation propose ainsi un détecteur de vêlage. Cet outil se fixe sur la queue d'une vache qui doit mettre bas prochainement, puis il surveille l'état de l'arrière-train de l'animal à l'aide d'une batterie de capteurs (accéléromètre, inclinomètre). Lorsque la bête a ses premières contractions, le système se connecte à sa base qui téléphone à l'éleveur pour le prévenir. L'engin peut même détecter si le vêlage est à risque.
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"Avant, il fallait se lever toutes les deux heures pour surveiller les vaches à risque" explique Philippe Vialla, gérant de l'entreprise, "ce système évite cette contrainte". Pourtant , si le dispositif a été inventé depuis une vingtaine d'années par un éleveur, il restait jusqu'à récemment plutôt confidentiel. Après plusieurs améliorations, il commence à se démocratiser avec une hausse sensible des ventes ces 18 derniers mois. Il y aurait aujourd'hui 1.500 à 1.800 dispositifs de ce type dans les pâturages français ... 

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