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Aéroport Lyon Saint-Exupéry : bientôt un nouveau terminal

L'aéroport de Lyon-Saint Exupéry pose vendredi la première pierre de son futur nouveau terminal 1, un chantier de 180 millions d'euros destiné à en faire dans 20 ans "la seconde porte d'entrée aéroportuaire en France" après Paris.
La première pierre a été posée ce vendredi.
La première pierre a été posée ce vendredi. © France 3 Rhône-Alpes
D'une surface de 70.000 m2, équivalente à celle de tous ses terminaux actuels, ce nouvel édifice qui sera opérationnel fin 2016 devrait permettre, à terme, de doubler les capacités d'accueil de "St Ex", avec 15 millions de passagers. "On s'équipe avec une infrastructure qui doit permettre de nous développer dans les 20 ans à venir", souligne le président du directoire d'Aéroports de Lyon, Philippe Bernand. "Aujourd'hui on est convaincu de la capacité de Lyon de devenir la seconde porte d'entrée aéroportuaire en France", à l'horizon 2035.

Actuellement Lyon est le quatrième aéroport français, très loin derrière Roissy et Orly qui totalisent 90 millions de passagers, et Nice (11,5 millions). Talonné par Marseille depuis l'essor du "low cost" à Marignane. L'extension du terminal 1 lyonnais vise d'ailleurs à accroître, d'ici 2020, de 25 à 40%  les parts de marché des compagnies à bas coûts qui domineront prochainement le court et moyen courrier en Europe, souligne M. Bernand.

Actuellement, le trafic de ces compagnies et des autres, en dehors d'Air France, augmente de 4% par an à Lyon, quand le trafic de la compagnie nationale, qui concentre la majorité de son trafic sur Paris, a chuté de 11% par rapport à 2013.

Obtenir plus de droits de trafic

L'objectif des 15 millions de passagers suppose que "Lyon devienne un hub à l'échelle européenne", souligne M. Bernand. "On a la capacité physique de le faire. Après il faut trouver des acteurs et cela dépendra de l'ouverture des droits de trafic", ajoute-t-il.

L'aéroport de Lyon, qui travaille notamment à de nouvelles dessertes vers l'Asie, s'est associé à celui de Nice pour réclamer davantage de droits de trafic à l'Etat, enclin à protéger Air France. "Nous demandons 50 à 60.000 offres de sièges en plus à Emirates", qui opère actuellement cinq vols hebdomadaires depuis Lyon vers Dubaï et souhaite passer à des vols quotidiens, dit M. Bernand. "Comparé aux 28 millions de sièges qui sont offerts à Air France pour les longs courriers, on ne va pas mettre en péril l'activité de la compagnie", justifie-t-il.

Ouverture du capital en vue

D'autant que Saint Exupéry se prépare à sa privatisation qui devrait figurer dans le projet de loi "pour l'activité et l'égalité des chances économiques" présenté à la mi-décembre. "Dans le projet d'ouverture du capital, ce qui est important c'est que l'Etat ne se contente pas seulement de vendre ses actions, mais pose un projet industriel pour l'aéroport et que soit donc soulevée l'ouverture des droits de trafic", souligne M. Bernand. Une position soutenue par les entrepreneurs locaux et la région Rhône-Alpes.

"L'aéroport est très mal placé. Il y a un sous-dimensionnement entre la région qui est la septième d'Europe par son PIB et l'aéroport qui est 52e" en 2013, regrette un élu régional. "L'investissement dans ce nouveau terminal est nécessaire pour atteindre une dimension qui corresponde à l'éco-système régional", poursuit-il.

Mais l'ambition de faire de Lyon un hub européen est sujette à caution, selon Yves Crozet, membre du Laboratoire d'économie des transports. "Lyon joue le rôle de hub secondaire. Ce n'est pas la peine de rêver un jour qu'on va faire de Lyon un hub mondial", estime l'expert. "A 150 km vous avez l'aéroport de Genève, qui fait 12 millions de passagers. Vous avez ensuite Paris avec un TGV qui y va directement", poursuit-il. "Lyon a besoin d'investir pour développer son trafic car les aéroports de Genève et Marseille les poussent, mais cela restera un aéroport de second rang", juge M. Crozet.
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