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TER / Intercités : que préconise le rapport Duron pour l'Auvergne ?

Le rapport Duron préconise de passer à 12 la fréquence des trains quotidiens entre Paris et Clermont-Ferrand. / © MaxPPP
Le rapport Duron préconise de passer à 12 la fréquence des trains quotidiens entre Paris et Clermont-Ferrand. / © MaxPPP

Le rapport Duron préconise des "mesures fortes" pour sauver les trains d'équilibre du territoire. Pour l'Auvergne, la commission recommande d'augmenter les dessertes entre Paris et Clermont et d'instaurer l'autocar au détriment du train entre Clermont et Béziers.

Par Stéphane Moccozet

Les TET, pour Trains d'Equilibre du Territoire, sont au cœur du rapport Duron remis mardi matin au Secrétaire d'Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche. Le député socialiste du Calvados, Philippe Duron, s'est penché sur "ce maillon faible entre TGV et TER" de l'offre ferroviaire nationale. Il souligne que "le vieillissement des infrastructures et du matériel expliquent pour partie les désagréments que vivent quotidiennement les usagers de ces trains". "Il est urgent d'agir" dit le parlementaire qui insiste sur "l'obsolescence de l'offre" et son "délitement régulier et progressif" non sans rappeler "parfois la régression du fret ferroviaire".
 
La commission présidée par Philippe Duron a fait un diagnostic détaillé de l'offre TET et insiste sur la nécessité de décider des "mesures fortes" pour la sauver. Le bilan de santé des trains d'équilibre du territoire est sans appel, le rapport fait état de l'augmentation sensible des temps de parcours, d'une régularité qui régresse et d'un "matériel roulant qui n'a pas été renouvelé pendant plus de 30 ans".
 
Si un renforcement de l'offre ferroviaire est préconisé pour accroitre la rentabilité de certaines lignes (Paris-Clermont), le rapport Duron invite l'Etat à réfléchir sur l'opportunité de supprimer les trains sur d'autres axes, entre Clermont-Ferrand et Béziers par exemple. Avec moins de 70 voyageurs par train, cette desserte "peu compétitive" est en concurrence directe avec un réseau autoroutier qui propose de meilleurs temps de parcours. "Un transfert sur autocar permettrait donc de renforcer la qualité du service offert", suggère la commission. Cette solution apparait comme la moins coûteuse dans le rapport alors que les "travaux de stabilisation en l’état de la ligne sur la période 2015 - 2020, d’un montant total d’environ 30 millions d'euros, ne semblent pas prévus à ce stade. Par ailleurs, ces travaux sont estimés à près de 90 M€ pour la période 2020-2025".
 
Le viaduc de Garabit (Cantal), emprunté par la ligne Clermont-Béziers, est-il en passe de devenir une pièce de musée ? / © MaxPPP
Le viaduc de Garabit (Cantal), emprunté par la ligne Clermont-Béziers, est-il en passe de devenir une pièce de musée ? / © MaxPPP

La ligne Clermont-Béziers, appelée également "Aubrac" a du plomb dans l'aile, tout comme celle qui relie Bordeaux à Lyon et qui comporte deux branches : une branche Sud via Brive-la-Gaillarde et Clermont-Ferrand, et une branche Nord via Limoges, Guéret, Montluçon et Roanne. Sur ce cas, la commission "observe surtout qu’une desserte routière apporterait un service nettement amélioré, à la fois en temps de parcours et en fréquences, grâce à la liaison autoroutière (A 89) parallèle à la ligne ferroviaire".
 
En revanche, la commission Duron propose de doubler fréquences des trains sur la ligne Nantes-Lyon qui dessert, en Auvergne, Moulins et Saint-Germain-des-Fossés, considérant qu'on est ici sur un axe compétitif avec près de 200 voyageurs par train. Un renforcement de l'offre avec un passage à 12 trains par jour, c'est également ce qui prévaut pour la ligne Paris-Clermont. Cette solution "permettrait à la fois de développer fortement le trafic et d’atteindre une plus grande productivité de l’exploitation". "Caen, Clermont-Ferrand et Limoges sont des agglomérations majeures, avec une importante clientèle professionnelle. Un cadencement à l’heure de la desserte de ces trois villes, renforcé le cas échéant en heures de pointe, doit permettre de réaliser un important report modal depuis la route et l’aérien", peut-on lire par ailleurs.
 
Enfin, avec un 55 voyageurs par train en moyenne, la ligne Clermont-Nîmes, dite Cévenol, est considérée comme peu compétitive "au regard des faibles flux" mais pertinente "du fait notamment de l’absence d’infrastructure autoroutière performante". La commission estime que l’offre actuelle TER et TET est "globalement surdimensionnée au regard des besoins de mobilité". Mais le manque d'alternative routière "crédible" invite à maintenir le volume de dessertes et le regroupement de l'aller-retour TET et des deux allers-retours TER sous une gouvernance inter-régionale unique (Languedoc – Roussillon et Auvergne) afin d'optimiser les ressources utilisées entre Clermont-Ferrand et Nîmes.

 

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