Affaire Fiona : "C'est une certitude", pour Cécile Bourgeon le corps de la fillette est vers Aydat (Puy-de-Dôme)

Ce mercredi 2 décembre avait lieu la 2ème journée de procès de l’affaire Fiona à la cour d'assises de Lyon. Cécile Bourgeon, la mère de la fillette, a réaffirmé que le corps de la petite fille était vers Aydat (Puy-de-Dôme) : « J’en suis sûre, c’est une certitude. »
Cécile Bourgeon arrive à l'ouverture du 4ème procès de l'affaire Fiona à Lyon le 1er décembre.
Cécile Bourgeon arrive à l'ouverture du 4ème procès de l'affaire Fiona à Lyon le 1er décembre. © Richard Brunel /MAXPPP
La 2ème journée de procès dans l’affaire Fiona, ce mercredi 2 décembre à la cour d’assises de Lyon, était dédiée à l’enquête. Cécile Bourgeon est revenue sur le mystère entourant le corps de la fillette qui n’a jamais été retrouvé. La mère de l’enfant s’est montrée catégorique : le corps de la petite fille serait bien vers Aydat (Puy-de-Dôme) : « J’en suis sûre, c’est une certitude. Si je peux être affirmative sur une chose, c’est celle-là. » Elle a expliqué que si elle ne pouvait pas être plus précise, c’est qu’elle ne se souvenait de cet épisode que par flashs. « C’est une des rares constantes du dossier. C’est un point sur lequel ils n’ont jamais varié. Ils ont toujours indiqué avoir enterré la petite Fiona dans des conditions un peu particulières ce dimanche 12 mai dans les alentours d’Aydat sans être plus précis », a expliqué l’avocat de Cécile Bourgeon, Me Portejoie.

Pas de violences régulières sur l'enfant, selon la défense

Si les enquêteurs entendus ce mercredi pensent à des violences régulières subies par l’enfant, pour la défense, c’est impossible : « Non seulement il y a peu d’éléments tangibles qui seraient susceptibles de la constater mais il y a au contraire des éléments tangibles qui démontrent qu’elle n’a pas existé jusqu’à un temps très voisin de celui de la disparition. On sait qu’il y a des intervenants scolaires et de santé qui se sont préoccupés légitimement dans le cadre de leur métier de la santé de Fiona et on sait qu’elle ne présentait aucune trace suspecte. Au contraire, elle était décrite comme une enfant joyeuse », affirme Me Luciani, avocat de Berkane Makhlouf, ancien compagnon de Cécile Bourgeon.

Les enquêteurs entendus

Cécile Bourgeon a également expliqué pourquoi elle avait persisté dans son mensonge concernant la disparition de Fiona : « Quand vous vous mettez des choses dans la tête, vous finissez par vous en convaincre, au bout d’un moment. J’ai trop honte d’avoir joué la comédie, d’avoir mobilisé les forces de police comme ça. » Etaient entendu le commissaire François Bernard, ancien directeur du SRPJ (Service Régional de Police Judiciaire) de Clermont-Ferrand. Il a expliqué le déroulement de l’enquête menée dès le 12 mai 2013 et met en doute la parole des deux accusés : « Ils ont décidé de mentir de manière jusqu’au-boutiste pour dissimuler quelque chose qui n’est pas avouable », a-t-il déclaré à propos de l’endroit où le couple affirme avoir caché le corps. « Ce que je pense aujourd’hui, c’est qu’ils se sont peut-être débarrassés du corps en le jetant à la poubelle ».

Des "incohérences" dénoncées

Clément Maurice, ancien chef de division au SRPJ, a ensuite été entendu. Il est revenu sur le mensonge orchestré par le couple autour de la disparition de Fiona et sur la « mise en scène », selon ses termes, mise en place par Cécile Bourgeon et son ancien compagnon Berkane Makhlouf. Il a dénoncé le fait que Cécile Bourgeon ait « joué les mères éplorées au parc, ce qui lui a permis d’obtenir des témoins de bonne foi, pendant que Berkane Makhlouf se mettait en scène en bas de son immeuble ». Il a pointé les "incohérences" dans les déclarations et attitudes du couple.

Cécile Bourgeon, "détachée" pendant l'enquête

Sophie Robert, chef de la section opérationnelle de l’OCRVP (office central pour la répression des violences aux personnes), a évoqué une « mère éplorée devant les caméras qui demande à ce que les policiers renforcent les recherches pour retrouver Fiona », une attitude selon elle bien différente de celle affichée devant les policiers : « C’était quelqu’un de détaché, avec un grand sang-froid et qui montrait peu de sentiments. » L’audition des deux accusés est prévue en milieu de semaine prochaine.
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