Affaire Fiona : le double visage de Cécile Bourgeon

Aux assises de Lyon, plusieurs amies de Cécile Bourgeon sont venues parler de la mère de Fiona. Des femmes en colère qui ont décrit les multi-facettes de l'accusée. Elles ont toutes affirmé la semaine dernière et ce mardi 8 décembre qu’elles ne l’avaient jamais vu frapper ses filles.
 
Lors du quatrième procès de Cécile Bourgeon, qui arrive ici à la cour d'appel du Rhône, à Lyon, plusieurs amies de la mère de la petite Fiona ont témoigné à la barre.
Lors du quatrième procès de Cécile Bourgeon, qui arrive ici à la cour d'appel du Rhône, à Lyon, plusieurs amies de la mère de la petite Fiona ont témoigné à la barre. © Joël PHILIPPON / MAXPPP
Lors de la première semaine du procès de Cécile Bourgeon, à la cour d’assises du Rhône, à Lyon, et ce mardi 8 décembre matin, des amies de la mère de la petite Fiona sont venues témoigner à la barre. Cécile Bourgeon, toutes l’ont bien connue. Au collège, à l’école où était scolarisée Fiona ou à Goncourt, ce groupe d’immeubles où elle résidait. Lorsqu’elle vivait chez ses parents, quand elle s’est installée avec Nicolas Chafoulais (le père de Fiona) ou après sa rencontre avec Berkane Makhlouf. Et aujourd’hui, toutes sont en colère. « Ecœurées » par ce qu’elles ont découvert en septembre 2013 lorsque leur amie a avoué aux policiers de Perpignan que Fiona, sa petite fille soi-disant disparue, était morte et qu’avec Berkane Makhlouf elle l’aurait enterrée dans un bois près du lac d’Aydat. « Pour le mensonge, je lui en voudrai toute ma vie, dit une amie d’enfance. Je ressens du dégoût ».  « Malgré tout ce qui se disait, je n’arrivais pas à y croire. Pour moi, c’était humainement impossible » racontre une autre amie qui l’avait soutenue, malgré des doutes qu’elle n’arrivait pas à admettre. « Après la disparition de Fiona, poursuit-elle, je lui avais proposé de diffuser la photo de la petite pour l’aider mais elle ne voulait pas, ce qui m’avait étonnée. Elle ne voulait même pas qu’on parle du tout de Fiona d’ailleurs ».
                                                                                                                     

Ça pue, il y a quelque chose de bizarre

La dernière fois qu’elle a vu Cécile Bourgeon c’était trois mois avant la disparition de Fiona. Une visite à son domicile, un après-midi de février. « L’appartement était entièrement dans le noir. Mais c’est parce que Berkane Makhlouf dormait, il était fatigué, il s’en était excusé d’ailleurs ». Une visite qui s’était bien passée mais où elle avait trouvé Fiona un peu plus « effacée » que d’habitude et qui lui a laissé une drôle de sensation. « Quand je suis rentrée, j’ai dit à mon compagnon ça pue, il y a quelque chose de bizarre ».
 

Elle laissait ses filles seules la nuit quand elle sortait

De Cécile Bourgeon, la plupart de ses amies ont gardé l’image d’une « bonne maman », qui « a toujours travaillé et géré sa famille » car « ses enfants, c’était tout pour elle ». Et toutes sont catégoriques sur un point : elles ne l’ont jamais vu frapper ses filles. « Quand elle la punissait, elle la mettait au coin, et encore trois minutes maxi ». Cette jeune femme qui a vu naître Fiona l’a juré, elle n’a jamais vu son amie « taper ses filles ». De son côté, une autre de ses amies qui vivait dans l’appartement mitoyen relativise. « Elle laissait ses filles seules la nuit quand elle sortait. Des fois elle me demandait de les surveiller mais d’autres non, elle ne me prévenait même pas».  
 

Elle ressemble trop à son père, elle me dégoûte

La drogue ? Certaines savaient.  D’autres, pourtant très proches, n’auraient jamais soupçonné leur amie d’en consommer. « Elle m’avait dit que Fiona était un bébé héroïne, mais à part quelques joints je n’ai jamais rien vu », dit l’une. Une autre, qui fréquentait le même dealer que le couple savait qu’elle consommait des drogues dures. « Avant de connaître Berkane, elle n’était jamais venue ici avec les filles. Après elle les amenait. J’avais même pété un câble de les voir, parce que des gamines n’avaient rien à foutre là ». Pour l’entourage de Cécile Bourgeon, beaucoup de choses semblent avoir changé après sa rupture avec Nicolas Chafoulais. « Elle avait développé une très forte haine contre lui, une énorme colère, entend on. Elle me racontait qu’il était violent, que ça se passait mal… et à ce moment-là je la croyais », déplore ce témoin. Une haine qui pour certaines fait écho à des confidences que leur aurait faites Cécile Bourgeon en parlant de sa fille, « Elle ressemble trop à son père, elle me dégoûte »
 

Fiona était passée de la petite princesse au petit boulet 

Sur sa rencontre avec Berkane Makhlouf, les avis partagés sont tous les mêmes. « Elle est tombée enceinte très vite. Elle ne parlait que de lui et de leur enfant à venir, elle racontait qu’il lui amenait le petit déjeuner au lit », témoigne une ancienne copine. Pour certaines, elle était même sous son emprise. « Il la suivait partout, partout, partout. C’est pour ça que je n’ai jamais pu croire qu’elle avait été au parc Montjuzet toute seule avec les filles. Il ne la lâchait jamais ». « Quand elle s’est mise avec lui, après, on avait plus le droit de la voir, ni de lui parler » ajoute une autre. Un point de vue partagé par nombre d’entre elles qui affirment que Fiona aussi semblait avoir changé. « Elle est passée de la petite princesse au petit boulet. Elle était beaucoup plus effacée. Et Cécile voulait qu’elle et sa sœur appellent Berkane Maklouf papa ». En évoquant la vie de Cécile Bourgeon, ses amies ont aussi beaucoup parlé de la petite Fiona, souvent des larmes dans les yeux. « Elle était souriante et pleine de vie. Trop mignonne », s’émeut une jeune femme. Des larmes que les deux accusés pour leur part n’ont jusque-là jamais versées. « En 10 ans d’amitié, je n’ai jamais vu Cécile pleurer, sauf à la télévision », conclut l’une de ses amies.

 
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