Santé. Un foyer d'encéphalite à tiques détecté dans l'Ain, des fromages rappelés

Dans l'Ain, un foyer de cas d'encéphalite à tiques a été détecté par l'Agence Régionale de Santé d'Auvergne-Rhône-Alpes. Cette maladie est transmise par une tique infestée par un virus ou par la consommation de lait ou fromage cru d'un animal piqué par cette tique.

L'encéphalite à tiques est transmise à l'Homme lors d'une piqûre de tique porteuse du virus.
L'encéphalite à tiques est transmise à l'Homme lors d'une piqûre de tique porteuse du virus. © PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/MAXPPP

L'Agence Régionale de Santé (ARS) et la préfecture de l'Ain ont alerté, jeudi, de l'apparition d'un foyer de cas d'encéphalite à tiques "confirmés ou probables" concernant 28 habitants du département. L'origine alimentaire de la transmission du virus est privilégiée et un "retrait/rappel" est en cours. Il concerne des fromages au lait cru de chèvre et de vache d'une exploitation agricole de Condamine : Les Chevrettes du Vieux Valey. Ces produits auraient été consommés par au moins 50% des personnes malades. 

Les fromages sont commercialisés par le GAEC lui-même ou dans d'autres points de vente:
- La fromagerie de Brénod
- La fromagerie d'Aranc
- La boucherie Vailloud (Condamine)
- Bugey Volailles (Oyonnax)


Depuis quelques jours, afin d’assurer la sécurité sanitaire de ses produits, le GAEC a mis en place une pasteurisation du lait de chèvre avant sa transformation. Cette pasteurisation du lait préalablement à la fabrication de produits laitiers permet en effet d’inactiver le virus. Dans ces conditions, il est à nouveau possible pour le GAEC de commercialiser ses fromages.

durée de la vidéo: 02 min 28
Ain. Un virus dans des fromages au lait cru ©France 3


Des maux de tête intenses et des vertiges

Les premiers cas sont apparus mi-avril. Les patients présentaient "des symptômes pseudo-grippaux qui se sont estompés" avant d'"évoluer vers des céphalées intenses et des vertiges plus ou moins importants". Aucun patient ne signalait avoir été piqué par une tique. 
 

"Afin d'écarter l'hypothèse d'une infection au nouveau coronavirus, une majorité de patients a fait l'objet d'un test virologique, associé pour certains à un contrôle sérologique", qui se sont révélés négatifs, explique l'ARS.


Deux personnes toujours hospitalisées

La piste du Covid-19 étant écartée, le diagnostic d'encéphalite à tiques a ensuite été posé pour 10 des 26 patients concernés. Des analyses complémentaires doivent être menées pour les autres cas. Sur l'ensemble, 24 ont été hospitalisés courant mai.

Une personne présentant plusieurs troubles, outre les symptômes repérés, est décédée, sans confirmation possible de la cause exacte du décès.

Au 27 mai, 22 personnes à l'évolution favorable ont regagné leur domicile. Deux restent donc hospitalisées mais leur état de santé n'inspire plus d'inquiétude.


Maladie transmise par une tique infestée 

Contrairement à la maladie de Lyme, qui est provoquée par une bactérie, également transmise par la tique, l'encéphalite est due à un virus transmis à l'homme par piqûre d'une tique infestée, essentiellement du printemps à l'automne.

De façon très exceptionnelle, c'est le cas ici, l'infection peut se faire par consommation de lait cru ou de fromage au lait cru, issu d'un animal piqué par une tique porteuse du virus.

De 5.000 à 13.000 cas d'encéphalite à tiques sont rapportés chaque année dans le monde.

En France, il existe une émergence de cette infecton. Une vingtaine de cas sont diagnostiqués par an, essentiellement en Alsace et en Haute-Savoie, ou contractés à l’étranger, en rapport avec les actvités de loisirs, dans les zones boisées
humides. En Europe, les pays les plus touchés sont la République tchèque et l'Allemagne, et les Pays Baltes. Une extension de la maladie en directon de l'Europe du Nord et de l'Est est observée.
 

 

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