"C'est un chiffre qui fait froid dans le dos" : un viol d'enfant tous les trois jours dans l'Ain

Pédophilie au sein de l'Église, inceste, agressions dans les clubs sportifs... En France, la parole commence à se libérer sur les agressions sexuelles subies par les mineurs. À l'occasion de la journée internationale des droits de l'enfant, ce 20 novembre, le directeur d'une association d'aide aux victimes souligne les "chiffres terribles" recensés dans le département de l'Ain.

"C'est autour de 130 viols d'enfants déclarés par an auprès de la police ou de la gendarmerie dans l'Ain, comptabilise Jean-Pascal Thomasset. Je n'ose imaginer le nombre des agressions sexuelles cachées, notamment dans le huis clos familial."

Un nombre en augmentation

Directeur d'Avema, association d'aide aux victimes, le maire de Nantua Jean-Pascal Thomasset (divers droite) veut tirer la sonnette d'alarme à l'occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, ce lundi 20 novembre. "Dans notre département, un enfant est violé tous les trois jours. C'est un chiffre qui fait froid dans le dos, auquel on ne doit pas s'habituer et qu'il faut partager au grand public."

À l'UMJ (Unité Médico Judiciaire) de l'Ain, le nombre de mineurs accueillis est même en augmentation. "D'ici la fin de l'année 2023, on devrait avoir 100 enfants de plus, calcule l'élu. La parole se libère, que ce soit sur le harcèlement ou l'inceste. Dans le sport, chez nous, on a des cas d'agressions qui commencent à être dénoncés dans des clubs de handball et de basket." 

"Dans neuf situations sur dix, les enfants subissent les violences sexuelles dans le cercle intrafamilial : parents, voisins, cadre scolaire, cadre sportif..."

Jean-Pascal Thomasset, directeur général d'Avema France victimes 01

Le profil type des enfants qui viennent révéler ces violences subies : des jeunes filles âgées entre 9 et 13 ans, selon l'élu. "C'est l'âge où elles rentrent dans la vie affective et qu'elles se rendent compte que ce qui s'est passé n'est pas normal. Pour les gamines qui viennent déposer plainte, à l'UMJ, on se rend compte que leur premier contact avec la sexualité ça va être une fellation subie et non pas les bisous, les câlins, les émotions !"

"En 20 minutes, il a obtenu une photo"

Pour l'élu, la solution reste l'éducation à la sexualité des plus jeunes, "pour reprendre la base en termes de prévention". Des séances attaquées par des parents conservateurs et pour lesquelles les acteurs de terrain dénoncent le manque de moyens"L'éducation à la sexualité, ce n'est pas pervertir les enfants, s'exaspère l'élu. Ne pas le faire, c'est ignorer la réalité de jeunes qui ont des portables et des tablettes dans leur chambre".

"Ce week-end par exemple, à 20 heures, un prédateur a pris contact avec une petite fille de 13 ans. En 20 minutes, il a obtenu une photo d'elle dénudée, raconte l'élu. On est sûr qu'il a déjà fait une trentaine de victimes."

Les chiffres alarmants des agressions sexuelles sur mineur, ne sont cependant pas propres à l'Ain. Le vendredi 17 novembre, la CIIVISE (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles Faites aux Enfants) a publié un rapport sur les violences sexuelles faites aux enfants. Après trois ans d'enquête, selon ce rapport, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année.

Numéro des enfants en danger : 119

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