Coronavirus. Si on ne mange pas de volailles de Bresse, y'aura pas de chapons à Noël !

En cette 2e semaine de confinement, c'est un SOS qui est lancé par les éleveurs de volailles de Bresse. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux des Jeunes Agriculteurs de l'Ain, on comprend qu'il n'y aura pas de chapons à Noël si les volailles actuellement élevées ne sont pas vendues.

© Vincent Guillermin

On sait déjà combien les éleveurs de volailles de Bresse souffrent depuis que le coronavirus enveloppe la planète. Les exportations de la seule volaille d'appellation au monde sont réduites à néant. La fermeture des restaurants n'a fait qu'envenimer la situation, sans parler, désormais, de la fermeture des marchés. 

Bref, les éleveurs de l'Ain et de la Saône-et-Loire se retrouvent avec des milliers de poulets sur les bras, sans pouvoir les écouler. Et quand un gros grain de sable vient gripper la production au printemps, la suite de l'année est aussi menacée. Particulièrement, la fin d'année.

Le chapon du réveillon est en jeu ! Et pour cause.

"Actuellement, j'ai par exemple un lot de 1200 futurs chapons de 4 semaines qui vit en cabane", explique Morgan Merle, éleveur et président des Jeunes Agriculteurs de l'Ain, "déjà, j'espère qu'ils vont pouvoir être castrés car les opérateurs viennent du Sud Ouest. Ensuite, on doit normalement les passer en parcours pour qu'ils vivent en extérieur. Seulement, comme la place est déjà prise par les poulets qui n'ont pu être commercialisés, ça va être compliqué."

Il faut donc vider à tout prix les enclos, pour faire de la place. "On invite en priorité les habitants des régions productrices à une consommation citoyenne, disons-le comme ça", témoigne un autre éleveur, "la congélation n'enlève rien à la qualité d'une volaille de Bresse, c'est le moment de faire le plein !".

L'appel a été relayé sur les réseaux sociaux avec un hashtag sans équivoque: #SauvonsNotreAOPVolaillesDeBresse. 
  

Sauvetage

Il y a quelques jours, le site de France 3 Auvergne Rhône-Alpes évoquait déjà les difficultés de la filière. La très réputée Maison Miéral, -qui fournit les plus grands restaurants-, espérait que tout le monde allait se fédérer pour trouver une issue. Une première idée a fait son chemin: vendre aux cantines des collèges et lycées. Des discussions seraient en cours. 

Des abatteurs comme Miéral ou le groupe LDC se seraient sur le point d'acheter aux éleveurs quelque 25.000 volailles à moitié prix, pour les surgeler. Le Conseil départemental de l'Ain et la Région les racheteraint ensuite au prix fort, afin que toute la filière retrouve son investissemnt. Une chance pour les collégiens et lycéens, dont les cantines dépendent directement des collectivités, ils pourraient manger de la volaille de Bresse une fois la crise du coronavirus passée! Affaire à suivre. 
 
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