Déclin des oiseaux en Auvergne Rhône-Alpes, des associations proposent des solutions

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Les oiseaux sont de moins en moins nombreux dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un phénomène qui s'explique par l'urbanisation, l'agriculture intensive ou encore l'utilisation de pesticides. Mais des projets existent pour éviter cet effondrement de la biodiversité. ©Béatrice Tardy / France Télévisions

Les oiseaux sont de moins en moins nombreux dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un phénomène qui s'explique par l'urbanisation, l'agriculture intensive ou encore l'utilisation de pesticides. Mais des projets existent pour éviter cet effondrement de la biodiversité.

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La Dombes, pays aux 1000 étangs, abrite l’une des plus grandes réserves ornithologiques de la région. Depuis 30 ans, Éric Bureau, vétérinaire, veille sur des milliers d’oiseaux qui viennent trouver refuge dans le domaine. C'est une symphonie de chants et de sifflets perpétuels qui se fait entendre. Mais depuis quelques années, certaines espèces ont quitté l’orchestre. "Voilà dix ans que je n'ai pas entendu une alouette. Il y a clairement des espèces qu'on ne voit plus, les bruants par exemple. Des espèces qui disparaissent parce que les milieux ont changé, parce qu'il y a beaucoup moins d'insectes".

345 hectares de paysages sauvages

Il est important de protéger l'habitat de ces oiseaux. C’est d'ailleurs l’objectif de la réserve de la Dombes dont le Parc des oiseaux est chargé de la préservation. Ce sont 345 hectares de paysages sauvages, inaccessibles au grand public. "Ce sont des milieux qui ne sont peut-être pas très impressionnants comme ça mais qui sont d'une grande richesse", explique le vétérinaire.

Ces zones humides sont essentielles aux oiseaux mais elles sont menacées cette année par la sécheresse. Dans un des étangs, il manque toujours 30 centimètres d’eau. "S'il manque autant d'eau, les roselières n'ont pas les pieds dans l'eau et ça pose des problèmes pour les oiseaux nicheurs. Ils ne peuvent pas faire leur nid et il y a des chances que cet été, il n'y ait plus assez d'eau dans l'étang, qu'il n'y ait plus d'oxygène, que les poissons meurent, et que ça se passe mal". En protégeant leur habitat, la réserve espère ainsi voir revenir des oiseaux devenus rares dans la région comme le crabier chevelu ou encore le héron pourpré.

Des petites actions

En ville, d’autres passionnés d’oiseaux tentent de leur offrir un abri. Face à l’étalement urbain, le conseil municipal des enfants d’Irigny (Rhône) s'est lancé dans l’installation de 70 nichoirs. "Installer des nichoirs, ça me plaît pour faire revenir les espèces disparues comme les chauves-souris et les mésanges charbonnières", confie un jeune garçon. Une action en partenariat avec la Ligue de protection des oiseaux qui vient s’ajouter aux autres projets de l’association.

Il faut garder des friches urbaines, mettre en place des haies, avoir des zones qui ne sont pas bétonnisées. C'est vrai que ce n'est pas forcément une grosse action à l'échelle des populations mais c'est un début pour entamer d'autres démarches après pour aider les oiseaux à une plus grande échelle.

Chloé Laffay

Bénévole à la Ligue de protection des oiseaux

Parmi ces chantiers, la LPO a pu accompagner un arboriculteur. À proximité de ses pommiers, il a fait construire une mare pour accueillir plus de biodiversité. C'est un projet qui lui a tout de même coûté 1500 euros malgré les aides. Pour lui, cela reste rentable. "L'intérêt, par rapport aux populations d'oiseaux, c'est qu'on en ait le plus possible qui viennent se nourrir dans nos vergers, notamment qu'elles viennent se nourrir du papillon du Carpocapse, qui est à l'origine du ver de la pomme. Ça nous permet de réduire nos intrants et l'utilisation de phytosanitaires", indique Rémi Delesalle.

Des programmes de réinsertion

Mais ces efforts s’avèrent parfois insuffisants. En dernier recours, il existe alors des programmes de réinsertion comme pour le gypaète barbu. À cause de la chasse, l’espèce avait totalement disparu des Alpes dans les années 1940. "Le mâle a huit ans maintenant donc il est en âge de reproduire. C'est un couple qu'on a formé il y a cinq ans, ils s'entendent bien. L'année dernière, on a vu les premiers accouplements, donc notre espoir, c'est d'avoir des jeunes", explique le vétérinaire du Parc des oiseaux de la Dombes.

Aujourd’hui, une soixantaine de couples ont fait leur retour dans la région. Un travail de longue haleine qui est loin d’être terminé, tant le chemin reste long dans la protection des oiseaux.