Mutilations de chevaux : un nouveau cas découvert dans l'Ain, la gendarmerie accroît sa surveillance

Une jument a été retrouvée avec la queue sectionnée et la vulve coupée à Val-Revermont (Ain). Une mutilation de plus parmi celles recensées dans une vingtaine de départements depuis plusieurs mois. Les propriétaires accroissent leur vigilance, et la gendarmerie sa surveillance.

Très concrêtement, la Région financera 50% des coûts d'achat de videosurveillance, avec un plafond de dépense de 1000 euros (Chevaux du département de l'Ain, le 26 août 2020.)
Très concrêtement, la Région financera 50% des coûts d'achat de videosurveillance, avec un plafond de dépense de 1000 euros (Chevaux du département de l'Ain, le 26 août 2020.) © Laurent THEVENOT/MAXPPP
Une jument a été découverte la queue sectionnée et la vulve coupée à Val-Revermont (Ain). Une attaque qui s'ajoute à une longue liste de chevaux mutilés en France ces derniers mois.
"C'est le propriétaire de l'animal qui a constaté les faits mardi et nous en a avisés le lendemain", a précisé à l'AFP la gendarmerie de Bourg-en-Bresse. "La jument se trouvait dans un grand champ très isolé près du lieu-dit Cuisiat". 
L'équidé mutilé a survécu à ses blessures. Une autre jument présente dans le même pré a été retrouvée indemne.
Le bout de la queue de l'animal mutilé était sectionné et sa vulve présentait plusieurs coupures. Des blessures incompatibles avec un accident, a conclu le vétérinaire.

L'enquête a été confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie de Bourg-en-Bresse


Depuis la fin du mois d’aout les gendarmes sont saisis d’une 10aine de faits qui ne sont pas tous avérés criminels, puisque certains peuvent être mis sur le compte d’animaux nécrophages. Il est donc important de rester prudent et d’éviter les conclusions hâtives. "Bien sur la gendarmerie est pleinement engagée pour lutter contre ce phénomène et cela à plusieurs titres : d’abord dans le cadre de ces investigations judiciaires, mais aussi dans le cadre de recherche de renseignements donc de présence sur le terrain et enfin dans le cadre de la prévention" explique le chef d'Escadron, Clémence Ruaudel
en charge de la communication région gendarmerieRhône-Alpes.

Des recommandations sérieuses auprès des propriétaires de chevaux 


Dans son message de prévention, la gendarmerie s’adresse à tous les propriétaires de chevaux, de responsables de centres équestres "on leur dit de rester au plus près de leurs bêtes, de les surveiller au maximum, d’éviter de leur laisser le licol lorsque les propriétaires sont au champ, ou encore de poser des caméras de chasse qui se déclenchent dès qu’il y a un mouvement."
La gendarmerie n’hésite pas non plus à solliciter toutes les personnes à signaler un comportement suspect, "l’acte réflexe doit être de faire le 17" explique Clémence Ruaudel, "Car pour nous il est important de recueillir le maximum d’éléments sur des personnes qui paraissent suspectes, comme la présence d’individu aux abords d’un champ, ou encore le stationnement d’un véhicule. A ce moment-là une patrouille se rendra sur place et vérifiera. Et ce n’est pas grave si cela ne mène nulle part."

Enquêtes en cours, Quelles hypothèses ?


"Chaque cas fait l’objet d’une enquête diligentée sous l’autorité du parquet local. Au niveau du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, il y a évidemment des recoupements de fait, néanmoins chaque enquête est diligentée de manière autonome.  Aujourd’hui toutes les pistes sont explorées, aucune n’est écartée." La région Auvergne Rhône-Alpes compte plus de 440 élevages de chevaux, 1200 centres équestres et 76 000 équidés.

 

D'autres suspicions à Attignat, toujours dans l'Ain

Selon la gendarmerie, deux autres cas suspects ont été découverts à Attignat.
Tout d'abord le 19 août, où un cheval a été retrouvé vivant mais avec une plaie au niveau du crâne. Les enquêteurs pensent qu'un agresseur a tenté de l'assommer.
Puis dans la nuit du 25 au 26 août, où un cheval a été blessé superficiellement au flanc par un objet tranchant. L'hypothèse d'une blessure causée par un fil barbelé a été rapidement écartée. 

Une vingtaine de départements concernés

Ces mutilations de chevaux survenues dans une vingtaine de départements constituent un défi pour les enquêteurs. Elles sont le fait de plusieurs auteurs agissant selon différents modes opératoires.
Parmi les dernières en date, une jument bretonne de trait a ainsi été victime de mutilations graves (appareil génital entaillé, oreille coupée) et tuée.
Les propriétaires de chevaux sont invités à s'équiper de "caméras de chasse". Il leur est conseillé de rendre visite plus souvent à leurs animaux et à signaler tous les faits aux gendarmes.
 

Au niveau national, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) coordonne le suivi des enquêtes. Tous les éléments de procédure sont réunis au service central du renseignement criminel.

Concernant les motivations des auteurs, tout est envisagé: défi lancé sur internet, dérives sectaires, mimétisme, haine des équidés, rites sataniques... 
La Miviludes, en charge de l'observation et de l'analyse du phénomène sectaire, et qui apporte son concours, n'a pas mis en évidence de rite satanique. 
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