Commémorations d'Izieu : 80 ans après la rafle des enfants, l'antisémitisme au cœur de la mémoire

Une foule nombreuse a commémoré ce dimanche 7 avril la rafle et la déportation des 44 enfants juifs et de leurs accompagnateurs de la colonie d'Izieu vers les camps de la mort. Une cérémonie simple à laquelle s'est joint dans l'après-midi le président de la République Emmanuel Macron.

Il faisait doux à Izieu en ce dimanche 7 avril. En 1944, quelques semaines avant d'être raflée, une petite fille juive de la colonie, Alice-Jacqueline Luzgart, 10 ans, décrivait dans une lettre à sa mère les premiers signes de l'arrivée du printemps.

Le 6 avril 1944, les 44 enfants et leurs accompagnants étaient arrêtés sur ordre de Klaus Barbie et déportés par les convois 71 à 76 vers Auschwitz-Birkenau. La lettre d'Alice-jacqueline a été lue par Richard Zelmati, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) Rhône-Alpes.

Dans son discours, il a rappelé ce qu'était Izieu : "Cette colonie perchée sur les contreforts du Bugey, était un morceau de continent protégé par une mer de courage, de résistance et de vie. Izieu était une île de fraternité, d’entraide à l’abri des terribles tumultes de l’époque". 

Puis Richard Zelmati a rappelé que l'antisémitisme était toujours présent : "Nous sommes là pour dire en mémoire des nôtres que l’antisémitisme sera toujours la marque de la haine de la destruction et de l’infamie... Cette mémoire nous oblige à regarder en face cette terrible réalité du retour en France et partout de l’antisémitisme."

"La lutte contre l'antisémitisme est notre socle"

Quelques minutes plus tôt, Thierry Phillip, président de la maison d'Izieu, aujourd'hui mémorial national, avait aussi dénoncé le retour de cette haine des juifs et rappelé qu'à Izieu, les enfants avaient été accueillis et protégés, y compris par les habitants d'Izieu et de Brégnier-Cordon.

"La lutte contre l’antisémitisme et le racisme, c’est notre socle. Un devoir qui nous concerne tous alors que depuis le 7 octobre, des milliers d’actes antisémites sont recensés. Et que la politique travaillée par les calculs électoralistes de certains devient un lieu de divisions. Nous sommes six mois après le pogrom du 7 octobre. Et les paroles de Primo Levi résonnent ce matin :'Si comprendre est impossible, connaître est nécessaire parce que ce qui est arrivé peut recommencer.'” 

Parmi les présents, de nombreux jeunes accompagnant les élus pour déposer des roses. Et aussi la musique du régiment d'artillerie qui a interprété "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine", le chant entonné par les enfants en partant le matin du 6 avril. 

Le bain de foule d'Emmanuel Macron

En fin d'après-midi, le président de la République est arrivé à l'ancienne colonie, après avoir commémoré ce matin les 80 ans de la résistance du plateau des Glières dans les Alpes.

Pas de prise de parole mais un bain de foule pour Emmanuel Macron qui a pris le temps de répondre à un lycéen de Vaulx-en-Velin qui l'interrogeait sur le retour des extrémismes : "Il faut combattre l'extrémisme dans les esprits", a dit le président de la République. "Ce que vous faites aujourd'hui en étant là, c'est le meilleur moyen de l'endiguer... Et il faut aussi comprendre quelles sont les valeurs de notre République." 

Le Mémorial National d’Izieu reçoit chaque année 40 000 visiteurs dont la moitié de scolaires. C’est aussi un lieu de recherches et de travail franco-allemand. 

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