Crise énergétique : les piscines municipales, une charge qui pèse sur le budget des communes

Avec la hausse du prix de l'Energie, le financement des piscines devient un casse-tête. La ville de Ferney-Voltaire est en pleine réflexion pour trouver un modèle qui soit supportable financièrement et qui maintienne le service auprès de la population.

Ferney-Voltaire, à la frontière suisse, est une ville d’un peu plus de 10.000 habitants qui ne cesse de grossir. Ici, la piscine, municipale, est ouverte 7 jours sur 7. Un sacré poste de dépenses selon le maire, Daniel Raphoz. "Le budget annuel, c'est un million d'euros. Actuellement, avec l'effet Covid c'est 100 000 euros de recettes".

Des effectifs obligatoires

La piscine fonctionne avec une quinzaine d’agents employés à l’année, majoritairement des maîtres-nageurs sauveteurs, les MNS. 
"Nous avons 2 MNS systématiquement lorsque nous accueillons du public, 4 MNS à disposition en période scolaire. Si nous n'avons pas ce personnel, nous ne pouvons pas ouvrir l'établissement" explique Eric Lanzini, directeur de la piscine.
Au total, une enveloppe de 670 000 euros est dédiée au personnel (60% à 65% du budget total) mais ce n'est pas l'unique dépense. 

Le budget 2022, c'est 150 000 euros mais le budget 2023, on va le doubler mais ce n'est qu'une évaluation. La crainte c'est l'explosion et à la fin, qu'est-ce qui va être raisonnable, supportable pour une ville comme Ferney-Voltaire ?

Daniel Raphoz, maire

Des charges lourdes

La gestion de l’eau coûte aussi à la collectivité qui a obligation d’opérer une vidange complète de ces bassins, une fois par an. 
"Vous multipliez les 900 m3 par en moyenne 3.5 euros si on ne paie que l'eau potable et 6 euros si on paie l'intégralité de l'eau" précise l'édile. six euros par mètre cube c'est traitement compris avec tous les produits nécessaires.

La commune en a eu pour 200.000 euros de rénovation de son système de filtration cette année. Les investissements sont récurrents et atteignent des coûts élevés.
Mais ce qui créé l’inquiétude en ce moment, ce sont les 2 chaudières et leur consommation. "Le budget 2022, c'est 150 000 euros mais le budget 2023, on va le doubler mais ce n'est qu'une évaluation. La crainte c'est l'explosion et à la fin, qu'est-ce qui va être raisonnable, supportable pour une ville comme Ferney-Voltaire ?"

Quelles solutions ?

Daniel Raphoz se pose des questions sur l'obligation de vidange annuelle de la piscine. Il cherche des pistes pour la recycler "sachant qu'on remet de l'eau chaque jour dans les bassins". Il évoque le stockage dans des citernes comme les eaux de pluies d'autant plus qu'actuellement cette eau part en Suisse à l'issue de l'opération.

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Les charges explosent pour maintenir l'ouverture de la piscine à Ferney-Voltaire et ce n'est que le début. ©France Télévisions

Face à l'incertitude de l'augmentation du budget global, le maire évoque une fermeture dominicale, la baisse de température de l'eau, une hausse des tarifs, la régulation des visites des scolaires (16 groupes primaires en plus des collèges et lycées du secteur à l'heure actuelle) et à plus long terme, un raccordement au réseau de chaleur.
Si les coûts augmentent encore, la commune devra faire des choix pour maintenir un équilibre raisonnable entre la valeur ajoutée de l'établissement pour la population et la charge financière inerrante. La réflexion est d'ores et déjà lancée dans les couloirs de la mairie.

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