Départementales 2021 dans l'Ain : les trois enseignements du 1er tour des élections

Dans l'Ain, "c'est une prime massive aux sortant". La majorité sortante est effectivement en ballottage très favorable et compte le seul binôme élu au 1er tour. De leur côté, les électeurs RN semblent s'être égarés. De son côté, l'union des forces de Gauche fait de la résistance.

Bourg-en-Bresse, 20 juin 2021 : Dépouillement des bureaux à la salle des fêtes, le 1er tour du scrutin départemental est majoritairement favorable à la majorité sortante, fruit de l'union de la Droite et du Centre.
Bourg-en-Bresse, 20 juin 2021 : Dépouillement des bureaux à la salle des fêtes, le 1er tour du scrutin départemental est majoritairement favorable à la majorité sortante, fruit de l'union de la Droite et du Centre. © Catherine Aulaz/MaxPPP

Si l'abstention n'avait pas été aussi élevée (68.52% ce 20 juin 2021), ces élections départementales auraient été scellées dans plus de la moitié des cantons de l'Ain. Elle a notamment empêché une réélection facile du président sortant du Département dans le canton de Nantua. "Quasiment tous les candidats de "l'Ain, de toutes nos forces" sont devant", peut néanmoins se féliciter Jean Deguerry. Les forces de Gauche résistent et se sont qualifiées pour le second tour dans 13 des 21 cantons aindinois. Pour le Rassemblement National, c'est la déconvenue : le parti de Marine Le Pen récolte quasiment la moitié moins de suffrages comparé à 2015.

"Nos électeurs n'ont pas disparu, à nous de les mobiliser" (Maxime Chaussat, RN)

Dans l'Ain, le Rassemblement National sera présent au second tour dans six cantons. En 2015, les binômes d'extrême-droite s'étaient qualifiés dans dix-neuf des vingt-trois cantons aindinois. Est-ce la débâcle ? Tout en pointant le mode de scrutin, Maxime Chaussat, candidat dans le canton de Villars-les-Dombes, reconnaît que son électorat a eu du mal à se mobiliser. "Peut-être que l'on n'a pas su l'intéresser à ces élections. On va vraiment mettre le paquet dans cet entre-deux tour parce qu'on peut toujours gagner cette élection et ce canton de Villars-les-Dombes".

Les deux ténors de la majorité sortante, Damien Abad et Jean Deguerry, eux, voient dans l'effondrement du RN, une autre explication. "Il s'effondre parce qu'il s'est complètement déconnecté du terrain. Ce sont des candidats hors-sol", dit ainsi le chef de file des députés LR. "Les élections départementales sont quand même des élections de proximité., où l'on vote pour des gens que l'on connait, qui habitent le canton. Ce n'est pas le cas des candidats du Rassemblement National", estime le président sortant du Conseil départemental.

En réaction, Maxime Chaussat évoque un argument "démagogique" de la part de ses adversaires. "Tous nos candidats sont parfaitement enracinés dans le département", rétorque-t-il. Alors où ont-ils pêché lors de ce 1er tour ? Dans la mobilisation des électeurs. En 2015, les binômes  du Front National à l'époque avaient récolté 52.981 voix, soit 27.85% des suffrages exprimés. Six ans plus tard, le décompte est tout autre : 20.626 voix et 16.13% des suffrages exprimés. 

À nous de trouver les moyens, les ressorts pour les mobiliser. À eux aussi de se dire qu'il n'y a pas que les élections présidentielles dans la vie démocratique française.

Maxime Chaussat, chef de file du RN dans l'Ain

Chassez le naturel, il revient au galop. Certes le candidat d'extrême-droite appelle son électorat à s'intéresser à ces élections locales. Mais dans la même phrase, il glisse invariablement sur le terrain national : "Les Départements, les Régions sont des collectivités importantes qui ont des actions et des politiques concrètes de la vie quotidienne. Ils doivent aussi se servir de ces élections, se servir de ces bulletins de vote. On ne fera rien sans eux. On ne redressera pas la France si les électeurs patriotes ne se mobilisent pas".

Une majorité sortante plébiscitée

Dans le canton de Pont-D'Ain, Damien Abad, chef de file des députés LR associé à Marie-Christine Chapel, est le seul élu au premier tour. Dans le canton de Nantua, Jean Deguerry, le président sortant, rate le coche de peu : 51 électeurs manquent à l'appel pour franchir le seuil des 25% d'inscrits. La Droite unie au Centre aurait pu remporter dix des vingt et un cantons de l'Ain dès ce dimanche 20 juin 2021. Mais l'abstention a eu raison de cette déferlante. Pas de quoi entacher le plaisir de la majorité sortante au soir de ce premier tour de scrutin.

Damien Abad savoure clairement : "dans l'Ain et dans la Région, le premier parti de France, c'est la Droite Républicaine", nous confiait-il à la publication des résultats de ce 20 juin 2021. Des résultats "extrêmement positifs" pour la majorité sortante, fruit de l'union de la Droite et du Centre. "Je pense que les habitants de l'Ain ont reconnu notre travail, notre implication", commente le patron LR aindinois "Il y a un deuxième tour, il faut encore aller chercher des voix, convaincre les abstentionnistes, amplifier ce résultat et faire en sorte que l'on puisse remporter un maximum de cantons. C'est notre objectif : nous avons besoin d'une majorité qui soit claire, qui soit cohérente pour continuer à travailler pour notre département de l'Ain".

Pour le président sortant, les résultats de ce 1er tour sont "très encourageants". Reste à lutter contre l'abstention pour remporter la mise dimanche prochain. L'union de la Droite et du Centre fait la course en tête dans la majorité des 23 cantons. Est prêt pour un bon nombre de duels avec la Gauche. Une seule triangulaire au programme du second tour : elle se jouera dans le canton de Valserhône.

L'union de la Gauche joue le maintien

Bien qu'elle ait resserré ses rangs entre toutes se composantes, la Gauche risque de ne pas vraiment améliorer son score. Depuis le scrutin de 2015, deux cantons lui sont favorables. Et le sont toujours : à Vonnas et Valserhône, là aussi, les binômes sortants auraient pu l'emporter dès le 1er tour s'il y avait eu plus de votants.

Petite satisfaction supplémentaire avec un virage en tête dans le canton de Bourg-en-Bresse 2. Le binôme issu de l'union de la Gauche et des Écologistes composé de Patrick Bouvard & Isabelle Maistre obtient 44.61% des suffrages exprimés, et devance le binôme de la majorité sortante de 218 voix.