"Est-ce que je serai encore agricultrice demain ?" : le moral des agriculteurs plombé par la sécheresse

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Écrit par T.Touchais avec M. Zammit et B. Métral

Les agriculteurs sont en première ligne face à l'épisode de sécheresse historique de cet été. Une épreuve qui ruine le moral de ces professionnels. Rencontre avec Fabienne Fixot, éleveuse dans l'Ain, qui pense à tout arrêter.

Neuf années d’installation et pour la première fois, Fabienne Fixot songe à tout abandonner. À 45 ans, cette éleveuse de vaches charolaises à Montagnat (Ain) craint de ne pas pouvoir se relever face à l’épisode de sécheresse historique de cet été. Sa prairie, d’ordinaire si verte, ne ressemble plus qu’à un champ de paille. Du jamais vu dans le GAEC familial.

C’est une désolation. Heureusement, mes animaux sont encore en bonne santé. Mais le moral en prend un coup parce que ça fait une surcharge de travail. Il faut sans cesse trouver à manger et à boire pour mes bêtes. C’est épuisant physiquement et moralement.

Fabienne Fixot, éleveuse dans l'Ain

Depuis juillet, ses 200 bovins ont dû entamer les stocks de foin de cet hiver. Avec quatre mois d’avance. "La crainte, c’est de savoir si cet hiver, on aura assez à manger pour nourrir tout le monde. Si on ne rachète pas à manger, je pense qu’on fera le choix de vendre quelques animaux parce qu’on a peur des coûts auxquels on va racheter nos aliments cet hiver."

Seulement 700 euros d'aides

Des soucis qui s’accumulent dans une exploitation déjà fragilisée. France 3 avait rencontré Fabienne en 2020, après le burn-out de son mari. Depuis, leurs charges ont explosé et leurs revenus sont insuffisants. Malgré tous ses efforts, le couple ne touche que 700 euros d’aides pour vivre.

"Aujourd’hui, avec la situation économique des exploitations, la sécheresse et l’inflation du prix des matières premières, je ne sais pas comment on va faire face. Dans les années à venir, il va manquer un sacré nombre d’agriculteurs."

Un an pour se relever... ou abandonner

Fabienne doute même de son avenir dans la profession. "Est-ce que demain je serai encore agricultrice ? Je me pose la question."

"C’est bien beau de se lever le matin, mais personne ne va au travail sans salaire à la fin du mois. Sur une longue durée, ça commence à être lourd et pesant." Fabienne et son mari se sont donné un an. Un an pour se remettre à flot ou pour passer la main.

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