"Il y aura beaucoup moins de raisin", les viticulteurs inquiets après les premières gelées

Dans le hameau de Cornelle à Boyeux-Saint-Jérôme (Ain), les températures sont descendues jusqu'à -3°C. Des gelées tardives qui inquiètent les producteurs de Cerdon.

"Normalement, ça devrait être tout vert, et là on voit que c'est marron", regrette Bernard Rondeau, viticulteur dans l'Ain, en montrant un de ses pieds de vigne endommagés. Il produit du Cerdon, un vin pétillant rosé, spécialité de la région du Bugey. 

"Les feuilles sont recroquevillées. Là, on avait les futures petites grappes de raisins, on espère que le contre-bourgeon va ressortir. Je pense qu'il va y en avoir un, mais en général ils sont beaucoup moins fructifères, donc il y aura beaucoup moins de raisin", se désole-t-il. 

Avec 92% d'humidité dans l'air et des températures comprises entre -2 et -3, la plupart des vignes ont gelé en cette fin avril à 400 m d'altitude. Sur certaines parcelles, Bernard Rondeau craint de perdre plus de 40% de sa récolte. Un épisode qui n'est pas sans rappeler ceux de 2017 et de 2021 qui avaient fortement impacté les viticulteurs, puisque près de la moitié de la production avait été perdue.

Un traitement à base de pomme

"La feuille est brûlée, mais il y aura peut-être certains grains sauvés", espère John Messerli, autre producteur de Cerdon, "même s'il faut attendre". Ce dernier a envisagé une solution inédite : l'application de pectine sur ses vignes. 

"J'ai testé un produit à base de jus de pomme", raconte le viticulteur, "c'est censé protéger la vigne. J'avais appliqué avant le gel, et on se rend compte qu'aux endroits où on en a appliqué, c'est plus vert. Les parcelles des voisins ont l'air plus touchées. L'idée est de créer une résistance immunitaire pour permettre à la plante de faire face au froid."

"Pour moi on aura plus de mal qu'en 2021, car les rameaux sont plus développés", redoute John Messerli.

Au Pays du Cerdon, les viticulteurs exploitent de petites superficies souvent à flanc de montagne et commercialisent 70 % à 80 % de leur production dans leurs caveaux. Une quantité confidentielle qui, lorsqu'elle est menacée par le gel, peut renverser l'équilibre économique de ces exploitations familiales.

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