"On ne peut pas rester en surproduction", les viticulteurs ardéchois réfléchissent à leur avenir, le fonds d'aide d'urgence ne suffira pas

durée de la vidéo : 00h01mn57s
Plus de 300 viticulteurs ardéchois pourraient prétendre au fonds d’urgence viticole qui s'élève à 1.45 million pour le département. ©FTV

Le fonds d’urgence viticole s'élève à 1,45 million pour l'Ardèche. 300 agriculteurs seraient concernés. Une réponse à court terme. À long terme, les vignerons vont devoir adapter leur production à une baisse conjoncturelle de la consommation de vin.

Plus de 300 viticulteurs ardéchois pourraient prétendre au fonds d’urgence viticole qui s'élève à 1,45 million pour le département sur une enveloppe globale de 80 millions. On serait donc loin des 20 000 euros maximum par exploitation comme annoncé par le gouvernement. 

Cette aide est destinée aux viticulteurs qui accusent une baisse de plus de 20 % de leur production. En priorité, sont concernées, l’appellation Cote du Rhône, les parcelles cultivées en bio et les jeunes installations. 

Une formalité simplifiée

Alexandre Chabanis, viticulteur en Côtes-du-Rhône bio, a rempli son dossier d’indemnisation. "Le dossier à remplir est assez intuitif. Ça prend maximum une heure pour rassembler l'ensemble des documents". 

En 2023, ce viticulteur a connu une baisse de sa production de 40 % à cause du mildiou et d’un gros coup chaud au mois d’août. Selon ses calculs, il devrait toucher entre 5 et 7 000 euros d’indemnités. Une somme importante, mais minime par rapport au manque à gagner. "C'est très faible comparé à la perte. On est agriculteur. On s’adapte quoi qu'il en soit à la situation. Ça va me permettre de payer des factures en retard, voire de soulager des intérêts d’emprunt".

Un bon début, mais inefficace à long terme

Sur les coteaux du massif du Coiron, Jean-François Laville est en appellation IGP d'Ardèche. Lui aussi a été touché par le mildiou. "On a eu cette année beaucoup de pluviométrie qui a entraîné le développement du mildiou d’une façon exponentielle fin mai et juin" déplore le membre de la Fédération des Vignerons Coopérateurs.

Il n'est pas persuadé de l'efficacité de la mesure à long terme. Pour lui, il faut être plus radical et engager une grande réflexion sur le territoire. "À long terme, ça ne résout rien, notamment la sous-consommation des vins et la surproduction des vins rouge. Il faut absolument qu’en même temps, et c'est dans les cartons, on déclenche des aides plus structurelles à l’arrachage définitif ou progressif". Un fond de 150 millions a été mis en place pour justement soutenir la restructuration agricole.

"On ne peut pas rester en surproduction conjoncturellement pendant des années, nous devons trouver des solutions. On doit se prendre en main". 

Jean-François Laville

membre de la Fédération des Vignerons Coopérateurs

Dans cet esprit de diversification, installer d'autres cultures sur les zones de vignobles sèches ardéchoises est très compliqué.

Les dossiers sont à remplir avant le 10 mars prochain. Les premières aides devraient tomber fin mars, début avril.