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J'ai testé pour vous un vol en hydravion au-dessus de l'Ain

J’ai testé pour vous… un vol en hydravion ! / © FTV
J’ai testé pour vous… un vol en hydravion ! / © FTV

Ce matin-là, mon cœur tape en garant notre voiture de reportage sur l’aérodrome de Bourg-en-Bresse dans l’Ain. Car il faut le savoir, j’adore les avions, ce n’est pas très écolo mais je n’y peux rien, c’est une passion.

Par Béatrice Tardy

Ce matin-là, mon cœur tape en garant notre voiture de reportage sur l’aérodrome de Bourg-en-Bresse dans l’Ain. Car il faut le savoir, j’adore les avions, ce n’est pas très écolo mais je n’y peux rien, c’est une passion. Entre un bombardier de la 2nde GM qui consomme 600 litres de l’heure et un hydravion à 22 litres, je me suis sentie moins coupable en choisissant ce reportage.
 
Il faut le savoir, j’adore les avions, ce n’est pas très écolo mais je n’y peux rien, c’est une passion. / © FTV
Il faut le savoir, j’adore les avions, ce n’est pas très écolo mais je n’y peux rien, c’est une passion. / © FTV


Même si un jour je testerai le bombardier en train d’être remis en état par l’association les Ailes Anciennes de Corbas ! Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre mouton, celui du Petit Prince qui est peint sur la carlingue de l’ULM Hydravion de Gérald Thevenon. Gérald est un aviateur aux 3000 heures de vol, croyez-moi, c’est déjà un joli carnet de vol.

En 2010 il a créé Gemilis, une entreprise basée sur l’aérodrome de Bourg-en-Bresse, qui propose des formations sur hydravion. Moi, je l’ai contacté en 2011 pour réaliser un reportage. Mais nous n’avons pas eu les bonnes conditions météo, et puis les années ont passé, on s’est rappelés une ou deux fois, toujours sans succès. Cette fois-ci les dieux ou Saint Exupéry sont avec nous ! Un joli anticyclone nous assure une belle fenêtre de tir.

Avant de s’envoler, il faut bien sûr vérifier l’état de l’appareil. Tous les pilotes le savent, un avion, ça se caresse. On fait glisser ses doigts sur l’hélice pour vérifier qu’elle ne présente aucune anomalie, idem sur le bord d’attaque des ailes, cette partie avant qui "attaque" l’air. En bref, sous les doigts, tous les boulons doivent être bien attachés ! Et puis, bien sûr, on regarde les bidons, les flotteurs qui vont nous permettre d’amerrir. Pas d’eau à l’intérieur, tout va bien ! C’est parti ! Enfin, pas tout à fait. Il faut encore mettre le gilet de sauvetage, ce que l’on ne fait que très rarement en aviation légère. Mais là, c’est obligatoire. Mon pilote est hyper rassurant, il ne l’a jamais utilisé !
 
Avant de s’envoler, il faut bien sûr vérifier l’état de l’appareil. Tous les pilotes le savent, un avion, ça se caresse. / © FTV
Avant de s’envoler, il faut bien sûr vérifier l’état de l’appareil. Tous les pilotes le savent, un avion, ça se caresse. / © FTV


Tout ceci prend du temps, et c’est bien normal, la sécurité est le maitre mot de tout vol. D’ailleurs, Gérald Thévenon le dit bien. Etre pilote, ce n’est pas seulement savoir piloter. C’est avant tout savoir renoncer. Un pilote qui « ne sent pas les conditions météo », ou un pilote qui se sent fatigué même légèrement, doit savoir renoncer à son vol.

Le moteur tourne enfin ! C’est assez bruyant mais les casques sur les oreilles réduisent considérablement le niveau sonore. Et quel plaisir d’ailleurs de mettre un casque et de se parler via l’intercom : ça grésille, ça fait son petit effet "Top Gun". Bon, sauf que là on ne va pas faire de looping ou exploser le mur du son. On va faire mieux : se poser sur l’eau !

On longe la rivière d’Ain, le paysage est superbe. Et soudain la retenue d’eau de Coiselet est là, Gérald prend un taux de descente assez fort, 900 pieds par minute, et je me sens dans une confiance absolue. Trois, deux, un, Top ! On est posés ! C’est super doux. Je n’en reviens pas. On glisse. Et la plus belle des surprises c’est lorsque le moteur est coupé. Tout d’un coup, le chant des oiseaux ! On est là, seuls, dans cet avion que l’auteur du Petit Prince aurait adoré, posés sur l’eau, personne autour, la nature à l’état pur. J’interview Gérald. Il est sur un flotteur et moi à la place du commandant de bord. On ne pourrait pas être à deux sur le flotteur. On ferait chavirer l’appareil. C’est la seule solution. Mais c’est un joli moment pour moi cette interview sur l’eau !
 
On longe la rivière d’Ain, le paysage est superbe. Et soudain la retenue d’eau de Coiselet est là, Gérald prend un taux de descente assez fort, 900 pieds par minute, et je me sens dans une confiance absolue. Trois, deux, un, Top ! On est posés ! / © FTV
On longe la rivière d’Ain, le paysage est superbe. Et soudain la retenue d’eau de Coiselet est là, Gérald prend un taux de descente assez fort, 900 pieds par minute, et je me sens dans une confiance absolue. Trois, deux, un, Top ! On est posés ! / © FTV


La réglementation pour un ULM hydravion est bien moins contraignante que pour un avion hydravion. Gérald peut en effet se poser sur n’importe quel plan d’eau à partir du moment où il a l’autorisation du propriétaire des lieux. C’est assez génial qu’en France nous ayons une telle liberté et il faut la conserver ! Pour information, la moitié des brevets de pilotes privés en Europe sont… français ! C’est dire comme notre pays a une culture aéronautique.

Décoller de l’eau n’est pas aussi simple qu’amerrir. "C’est une lutte" me dit Gérald. Il faut arracher de l’eau l’appareil. Mais moi, je ne sens pas tout cela tellement je suis heureuse de vivre cette expérience extraordinaire. Notre vol nous emmène jusqu’à Montrevel en Bresse, à la plaine Tonique. Un lieu bien connu des burgiens car on peut s’y baigner l’été. Et s’y poser en avion.
 
Gérald est un aviateur aux 3000 heures de vol, croyez-moi, c’est déjà un joli carnet de vol. En 2010 il a créé Gemilis, une entreprise basée sur l’aérodrome de Bourg-en-Bresse, dans l'Ain. / © FTV
Gérald est un aviateur aux 3000 heures de vol, croyez-moi, c’est déjà un joli carnet de vol. En 2010 il a créé Gemilis, une entreprise basée sur l’aérodrome de Bourg-en-Bresse, dans l'Ain. / © FTV


En aviation, pour se poser sur un aérodrome, on fait d’abord une reconnaissance de ce terrain, on passe 500 pieds au-dessus de l’altitude du circuit du tour de piste, on regarde la manche à air pour vérifier d’où vient le vent. Car comme pour le décollage, on atterrit face au vent. Et c’est pareil en hydravion, il faut atterrir face au vent. Mais pas de manche à air sur un plan d’eau ! Le pilote va évaluer le sens du vent notamment en regardant l’eau. Pas de bateau dans l’axe choisi, c’est parti ! En deux minutes nous sommes posés. J’en suis encore ébahie. Mon collègue Benjamin qui nous filme d’en bas va pouvoir faire le vol retour jusqu’à l’aérodrome de Bourg-en-Bresse. Il fallait que lui aussi découvre ces sensations.
 
Une expérience formidable! / © FTV
Une expérience formidable! / © FTV


Pour un peu moins de 80 euros, 20 minutes de vol et un amerrissage, c’est une magie bien peu chère dans la palette de toutes les activités de loisir d’aujourd’hui ! Survoler le pays aux mille étangs c’est assez génial, n’hésitez pas une seconde.
 

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