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Dans l'Allier, à la découverte de la fabrication de charbon artisanal

© Christian Darneuville / maxppp
© Christian Darneuville / maxppp

Pour allumer le barbecue du début du printemps, il y a ceux qui achètent le charbon tout prêt et ceux qui le fabriquent eux-mêmes. À Limoise, dans l'Allier, une charbonnière a été allumée ce samedi, et brûlera toute la semaine.

Par ED

Peu le savent ; le charbon qui sert à allumer les premiers barbecues du printemps peut être fait artisanalement. C'est une coutume à Limoise, dans l'Allier. Ce samedi, une charbonnière a été allumée par les charrons, ces artisans spécialistes du bois, et brûlera toute la semaine.

"Elle va porter le nom de Catherine. La sainte protectrice des charrons est Catherine d'Alexandrie, donc Sainte Catherine", explique l'un d'entre eux. En effet, une charbonnière est toujours baptisée avant son démarrage. C'est le parrain de l'allumage, un charron du Puy-de-Dôme, qui a choisi le prénom.

Une cheminée a été ménagée au centre de la charbonnière ; c'est dans cette ouverture que le parrain verse les braises pour démarrer la combustion, ou plutôt la distillation sèche.

"Quand on a allumé avec les cinq pelles de braise, on a constitué un foyer au coeur de la meule, ​​​​​ explique Didier Chevigny, président-fondateur de l'association des bûcherons charbonniers de Fublène en Bourbonnais. Ce foyer a chauffé le bois de périphérie, qui s'est mis à transpirer, à perdre ses composants sous forme de jus, qui se sont transformés en gaz, qui s'est consumé, qui a consumé le bois d'à côté, et ainsi de suite."
 
Rencontre avec les charbonniers de Limoise dans l'Allier
Reportage de Christian Darneuville et Anne-Claire Huet

À la fin, il ne restera que le carbone solidifié sous l'action de la chaleur. Mais avant l'allumage, il aura fallu trois jours aux charbonniers pour construire l'édifice ; 50 stères de bois empilés et recouvertes de feuilles et de terre.

"On a mis de la braise là tout à l'heure, et maintenant on continue d'alimenter le foyer, autrement ça s'étouffe", ajoute Bruno Dumas, charbonnier amateur. La charbonnière devra rester sous surveillance 24h/24. "Dès l'instant où la charbonnière a un trou, une arrivée d'oxygène (ce dont la meule raffole car on la fait se consumer en la privant d'oxygène), tout peu s'enflammer si on n'y prend pas garde", prévient Didier Chevigny.

Rendez-vous samedi prochain pour récolter, si tout c'est bien passé, trois tonnes de charbon de bois. Ce charbon sera vendu à des forgerons, des couleurs de bronze, des couteliers d'art et des particuliers. Les bénéfices serviront à financer les activités de ces passionnés du bois et de ses dérivés.
 

 

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