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Montluçon : le Théâtre des Ilets en quête d'idéal féminin

Carole Thibaut dans Fantaisies (L’Idéal féminin n’est plus ce qu’il était), au Théâtre des Ilets de Montluçon. Cette pièce performance a été créée en 2008 et est jouée depuis tous les 8 mars par son auteure. / © DR
Carole Thibaut dans Fantaisies (L’Idéal féminin n’est plus ce qu’il était), au Théâtre des Ilets de Montluçon. Cette pièce performance a été créée en 2008 et est jouée depuis tous les 8 mars par son auteure. / © DR

L'instinct maternel, le phallocentrisme, les canons esthétiques, les préceptes religieux mais aussi la chasse aux poils... Sur la scène du Théâtre des Ilets, à Montluçon, Carole Thibaut démonte de façon jubilatoire le concept de femme idéale dans un spectacle créé en 2009 mais toujours d'actualité.

Par Claude Fallas

La question peut paraître simple, voire naïve : qu'est-ce qu'une femme ? Lorsque Carole Thibaut, comédienne, autrice, metteuse en scène mais aussi directrice du Théâtre des Ilets de Montluçon, la pose, elle interpelle pourtant. Et quand cette même femme va plus loin, osant s'interroger sur l'idéal féminin, alors là, aucune réponse ne paraît évidente.

Montluçon : le Théâtre des Ilets en quête d'idéal féminin
L'instinct maternel, le phallocentrisme, les canons esthétiques, les préceptes religieux mais aussi la chasse aux poils... Sur la scène du Théâtre des Ilets, à Montluçon, Carole Thibaut démonte de façon jubilatoire le concept de femme idéale dans un spectacle créé en 2009 mais toujours d'actualité. Intervenante : Carole Thibaut (conception, écriture, mise en scène et interprétation). - Reportage : Richard beaune, Valérie Mathieu. Montage : Didier Robert

Alors, pour y réfléchir avec son public, Carole Thibaut se "fait belle", car la femme idéale, elle le sait, est en toutes circonstances coiffée, maquillée, épilée, bien chaussée, bien habillée, parfumée, élégante, souriante, et bien sûr légère... "On trimballe nous-mêmes, en tant que femmes, et même femmes-féministes comme je le suis et je le revendique, on trimballe des contraintes très fortes qui nous amènent à nous retrouver à épouser certaines formes d'obligations genrées alors qu'en fait, pourquoi ? il n'y aucune raison pour ça !"

Fantaisies démonte de façon jubilatoire et féroce la mécanique d’oppression qui se cache derrière la notion d’idéal féminin et s’attaque, en les tordant dans tous les sens, à ses représentations. / © DR
Fantaisies démonte de façon jubilatoire et féroce la mécanique d’oppression qui se cache derrière la notion d’idéal féminin et s’attaque, en les tordant dans tous les sens, à ses représentations. / © DR

Une femme entre. C’est la femme idéale.
Elle dit
Je suis la femme idéale
Elle traverse lentement l’espace.
Elle effleure à peine le sol de ses pieds.
Elle ne marche pas elle glisse.
Pas de geste brusque. Pas de mouvement saccadé.
Aucun accident ne vient troubler la parfaite harmonie de ce corps en mouvement.


Cette femme idéale, elle l'a créée de toutes pièces et sous toutes les coutures en 2008, elle l'a baladée sur un fil invisible tous les 8 mars... et presque 10 ans plus tard, toutes ces Fantaisies gardent leur raison d'être, à son plus grand regret. "Nous vivons depuis quelques dizaines d’années un bouleversement extraordinaire des sociétés à travers l’évolution de la place des femmes, sans doute une des plus importantes révolutions de l’histoire humaine. J’ai eu envie de tenter de raconter au plus intime, et ce faisant au plus universel, cette formidable mutation, de porter témoignage de ce mutant que je suis, donc, de fait, en tant que femme née à la fin du 20e siècle. De me prendre moi-même comme objet de cette expérimentation, avec toute la subjectivité, toute l’impudeur et toute la mauvaise foi dont je suis capable. Cela s’appelle une « performance ». Et si je me laisse gagner par quelques colères féministes, qu’on ne m’en tienne pas rigueur : qu’on n’oublie pas qu’avant d’être aujourd’hui une moitié de l’humanité, je fus, pendant des millénaires, à peine une moitié d’humain…"

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