Allier : sept ans de prison requis contre Jean Gravier, ancien député-maire de Villebret

Le deuxième jour du procès de Jean Gravier avait lieu vendredi 15 novembre devant les Assises de l'Allier. L'ancien député-maire de Villebret est jugé pour violences volontaires, pour avoir tiré sur un aubergiste en 2016. L'avocate général a requis sept ans de prison.
A la barre vendredi matin, les experts médicaux sont tous allés dans le même sens. Pour le psychiatre, Jean Gravier est atteint de cyclothymie, une sorte de bipolarité. Pour le psychologue, il a vécu une déconnexion de la réalité qui a conduit à un acte impulsif paranoïaque. Pour le troisième médecin, les traitements médicaux pris par Jean Gravier depuis des années ont leur part de responsabilité. Dans tous les cas, Jean Gravier a été reconnu malade. Les avocats de la défense se sont reposés sur ces diagnostics pour plaider l'abolition du discernement. "Il est évident que la responsabilité même de Monsieur Gravier est sujette à caution." précise maître Jean-Hubert Portejoie. "Dans ce cas là, nous allons plaider l'abolition pure et simple du discernement, c'est-à-dire l'irresponsabilité pénale."

7 ans de prison requis

A la barre, Jean Gravier a de nouveau demandé pardon. Une demande entendue par la famille de l'aubergiste blessé par l'ancien député-maire mais difficile à accueillir tant que l'ancien maire de Villebret n'assumera pas sa responsabilité dans ce qu'il s'est passé. Dans leur plaidoirie, les avocats des parties civiles ont rappelé les souffrances endurées par Jean-Luc Aït-Maamar, un homme bienveillant, très apprécié qui avait plein de projets et qui est aujourd'hui fortement handicapé. Ne pas condamner Jean Gravier, c'est impensable pour eux. "Nous pensons qu'à un moment donné, peut-être sous l'emprise de ses difficultés, il a voulu faire du mal à quelqu'un et c'est aujourd'hui notre conviction." indique maître Frédéric Bibal. "Nous ne demandons pas à ce qu'il y ait un excès, nous ne demandons pas à ce qu'il y ait une vengeance, nous demandons par contre que l'ensemble des éléments soient pris en compte et qu'on ne parte pas sur une thèse qui est une thèse fausse qui serait la thèse que Monsieur Gravier ne savait rien de ce qu'il faisait à ce moment-là. "

Dans ses réquisitions, l'avocate générale a demandé que Jean Gravier soit reconnu coupable de faits de violence. Elle a rejeté l'abolition mais retenu l'altération du discernement. Elle a requis 7 ans de prison.
 
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