Foot féminin : comment "avec les moyens du bord" elles préparent leur demi-finale de Coupe de France

Dimanche 27 mars, Yzeure, dans l'Allier, affrontera le FC Nantes en demi-finale de la Coupe de France féminine de football. C’est un rendez-vous historique pour le club de 2eme division entraîné par l’ancienne internationale Ophélie Meilleroux.

Un match historique attend les joueuses de football féminin d’Yzeure, près de Moulins. Elles affronteront dimanche 27 mars le FC Nantes, en demi-finale de la Coupe de France de football. A Yzeure, les joueuses arrivent au stade pour l’entraînement en trottinette ou à vélo. Elles se préparent au stade Bellecombe, un équipement vétuste. Comme tous les jours, un peu à l’étroit, Albert, l’intendant, prépare la séance. Albert Vasseur indique : « Ce sont des filles de haut niveau. Elles s’entraînent tous les jours. Il y a un super groupe avec une super coach. Si on avait plus de place, cela serait mieux. Le matériel pourrait mieux sécher ».

Une équipe cosmopolite

Les joueuses sont Bourbonnaises, Africaines, Israéliennes, Canadiennes, Portugaises ou Haïtiennes. Elles forment une équipe de deuxième division très cosmopolite. Léa Cassagnes souligne : « Il y a beaucoup de cultures différentes et je trouve qu’on apprend vachement plus avec toutes les filles et leurs origines différentes. On forme une famille. Cela se ressent sur le terrain. Quand on vient à Yzeure, ce n’est pas pour l’argent. C’est pour le travail et les valeurs ».

" On est très solidaires"

Avec 270 000 euros de budget, Yzeure est le budget le plus faible de la deuxième division. Le club rivalise avec les meilleures formations du championnat. Participer à une demi-finale de Coupe de France est forcément historique pour le club. Christine Manie, capitaine d’Yzeure, explique : « On est très solidaires. Une équipe qui n’est pas solidaire n’est pas une équipe. C’est pour cela que le football est un sport collectif. Il faut toujours que la solidarité prime. C’est au-delà de tout. On met ça en avant et cela porte ses fruits ».
 

Un entraîneur capé

Depuis un mois c’est Ophélie Meilleroux qui a pris l’équipe en main. L’entraîneur rappelle : « Pour le club c’est historique. Pour les filles c’est magique, c’est une aventure spéciale. De match en match, on a de nouvelles émotions qui apparaissent. Pour moi aussi, en tant que toute nouvelle coach, c’est aussi intéressant de commencer une carrière par de tels matchs ». Ophélie Meilleroux, ancienne internationale française, a compté 67 sélections avec les Bleues et une demi-finale de Coupe du Monde en 2011. La coach se souvient, en regardant la une du journal L’Equipe de l’époque : « C’était un moment magique, de grosses émotions. Cela fait plaisir d’afficher ce souvenir dans le bureau ».

"On fait avec les moyens du bord"

La Coupe du Monde 2011 avait marqué l’essor du football féminin en France, même si pour les clubs amateurs, la progression est encore très lente. Ophélie Meilleroux insiste : « Les structures professionnelles mettent les moyens. C’est un peu plus compliqué pour les clubs amateurs, pour survivre. On le voit à Yzeure : financièrement c’est très difficile, les moyens sont très restreints. On fait avec les moyens du bord. Le football français progresse. Les clubs professionnels investissent de plus en plus dans le foot féminin. Le niveau en D1 et D2 augmente chaque année. Il va falloir qu’on mette les moyens pour garder ce niveau-là à Yzeure ». Exemple qui Illustre bien ces moyens limités : Ophélie Meilleroux habite à Bourbon-Lancy, en Saône-et-Loire, où elle travaille comme employée des services techniques de la ville.

"On demande beaucoup aux joueuses"

L’entraîneur ajoute : « J’ai mon travail à côté qui prend pas mal de temps. Le soir on enchaîne sur les terrains. Pour les joueuses c’est évidement la même chose, les mêmes conditions. Elles ont leur journée de travail et après, elles chaussent les crampons le soir, à la tombée de la nuit. On demande beaucoup aux joueuses, elles s’entraînent presque tous les jours, parfois deux fois par jour. Le week-end, elles ont des matchs de très haut niveau et pourtant, la semaine, elles ont des préparations différentes. Elles passent pas mal de temps au travail. Elles enchaînent sur les terrains. La récupération n’est pas la même ». Avec cinq entraînements hebdomadaires, les joueuses préparent la lutte pour la montée en première division que le club a quittée en 2014. La demi-finale de Coupe de France face au FC Nantes monopolise les esprits. Dominique Darnet, président du club, conclut en riant : « On se prend au jeu. Il y a quelques semaines, avant le huitième tour je crois, les filles me disaient qu’elles allaient gagner la Coupe de France cette année. Cela m’a fait rire mais maintenant, on le prend un peu au sérieux. On se dit que c’est jouable. De là à gagner, c’est une autre histoire bien sûr ! On va déjà essayer de gagner Nantes ». Une demi-finale pour l’histoire, jusqu’au bout du rêve des filles d’Yzeure.