Quelques conseils pour bien tondre son gazon, tout en respectant la biodiversité de son jardin

Avec les nombreuses pluies ces dernières semaines en Auvergne, votre gazon a peut-être poussé plus vite que d’ordinaire. Guillaume Portero, directeur adjoint aux espaces verts de la ville de Vichy, livre ses conseils pour entretenir les pelouses au naturel.

Avec le printemps revient la saison des tontes. Les pelouses ont profité des dernières pluies et se sont peut-être mises à pousser bien plus vite. Guillaume Potero, directeur-adjoint aux espaces verts de la ville de Vichy, dans l'Allier, livre ses conseils pour bien entretenir son jardin.

« Il faut trouver un juste milieu »

Pour Guillaume Portero, « Il faut trouver un juste milieu entre laisser la biodiversité s’exprimer et jouer au foot sur un gazon impeccable, selon les usages que l’on veut faire de sa pelouse. » La meilleure façon d’y parvenir serait de bien connaître son sol et les plantes qui y poussent. « Il faut analyser son jardin, définir ses besoins et voir comment y parvenir. Ce n’est pas pareil de vouloir un jardin avec des herbes hautes et un endroit où les enfants peuvent jouer au ballon. » Si vous optez pour une pelouse taillée, certaines tondeuses permettent de retenir l’herbe coupée, qui peut ensuite être jetée dans la poubelle verte par exemple. Mais, « Le sol s’appauvrit alors, comme sur les terrains de sport, et il faut compenser par de la fertilisation. »
Guillaume Portero ajoute : « On défend aujourd’hui la limitation des déchets, mais le meilleur déchet c’est celui qu’on ne produit pas. » La tonte mulching par exemple consiste à broyer l’herbe tondue et la rejeter sur place. « C’est un inconvénient si l’on veut une pelouse impeccable, car la matière broyée se dépose en feutre sur le sol. Mais cela favorise le développement de mousses et autres plantes. Ce feutre est une matière organique qui permet l’enrichissement du sol. Il est gorgé d’azote, un des éléments principaux de richesse et de fertilité du sol. » Autrement dit, garder l’herbe tondue sur le lieu de tonte favorise la biodiversité au détriment de l’uniformité de la pelouse. « Nous n’aurons pas un green anglais », confirme le Vichyssois.

« Augmenter sa hauteur de tonte favorise les espèces »

Dans le parc d’Allier, à Vichy, les méthodes de tonte ont été modifiées ces dernières années : « Le parc était tondu à l’hélicoïdal jusqu’il y a quelques années. L’herbe était coupée à ras et de façon régulière, comme un terrain de foot. Mais il fallait passer très souvent. Aujourd’hui, la hauteur de tonte a été revue à la hausse. » Cela n'est pas accessible à tous. « Les particuliers n’ont pas forcément une tondeuse réglable en hauteur de tonte, déplore Guillaume Portero. Pourtant, augmenter la hauteur de tonte favorise les espèces comme les trèfles, véroniques, pissenlits, petites luzernes etc. Cela peut choquer quand on a l’habitude de s’en débarrasser mais ce sont des herbes très intéressantes écologiquement. » Il souligne que les pollinisateurs bénéficient de la diversité des plantes présentes, plus que de l’uniformité d’un gazon bien entretenu.

« Est-ce absolument nécessaire de tondre ? » 

Guillaume Portero est convaincu des bénéfices de l’arrêt de la tonte : « Le gazon est un couvert végétal souvent bien plus riche que ce que l’on pense ! » Il précise : « La solution, c’est peut-être d’arrêter de tondre. Est-ce absolument nécessaire de tondre ? »
L’écopâturage peut aussi être une piste pour une tonte plus bénéfique à l’environnement. Dans ce cas, ce sont des animaux, moutons ou chèvres par exemple, qui entretiennent le terrain. Pour l'adjoint aux espaces verts, « C’est intéressant en termes pédagogiques et pour les terrains difficiles d’accès ou accidentés. Nous essayons de le développer en milieu péri-urbain. »