UNESCO : l'alpinisme ou le massage thaï parmi les 41 savoir-faire ancestraux en lice pour le Patrimoine de l'humanité

© Valérie Chasteland
© Valérie Chasteland

Quarante et un savoir-faire ancestraux, événements festifs, pratiques ou rituels, allant de l'alpinisme au massage Nuad thaï, sont en lice pour intégrer la symbolique liste du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco.

Par France 3 Alpes avec AFP

La réunion annuelle du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel se tient du 9 au 14 décembre à Bogota. Le Comité examinera 41 demandes de nouvelles inscriptions - qui s'ajouteront aux 429 reconnues aujourd'hui - ainsi que six dossiers d'inscription sur la liste du patrimoine culturel nécessitant une sauvegarde urgente.

    La liste du patrimoine immatériel est ouverte à des expressions culturelles diverses - traditions orales, connaissances liées à l'artisanat, festivals... - transmises au sein de communautés particulières et reflets de la diversité culturelle persistant malgré la mondialisation. 

    Pour l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, "la transmission du savoir a une valeur sociale et économique" pour les groupes minoritaires comme les groupes sociaux majoritaires, pour les pays en développement comme les pays développés.

    Les demandes émanent d'ailleurs de tous les continents et bon nombre devraient être acceptées. 
    Certaines, toutefois, pourraient être provisoirement déçues, l'organe d'évaluation recommandant de demander des informations complémentaires à l'État soumissionnaire (qui a jusqu'à la semaine prochaine pour les fournir), tout en estimant que la candidature satisfaisait aux critères d'inscription. Comme la bachata et le nuad thai. 

    La République dominicaine, qui avait déjà proposé avec succès en 2016 le merengue, promeut aujourd'hui sa bachata, musique dansante et "élément fort de cohésion sociale", qui a acquis une notoriété au delà de ses frontières depuis les années 80.

    La Thaïlande, dont les massages sont mondialement célèbres, a soumis la candidature du nuad thaï, manipulation corporelle à visée thérapeutique, autrefois pratiquée dans les villages, "symbole d'amour et de bonté".
    Les traditions ancestrales ne connaissant pas forcément les frontières géopolitiques actuelles, plusieurs dossiers sont, eux, portés en commun par différents pays, ce qui donne du poids à leur demande.

  
  Derrière le dossier des "connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier" se rangent ainsi pas moins de treize pays et la Palestine (Bahreïn, Égypte, Irak, Jordanie, Koweït, Mauritanie, Maroc, Oman, Arabie saoudite, Soudan, Tunisie, Émirats arabes unis, Yémen). 

    Nourriture, artisanat, contes et rituels tournant autour de cet arbre des régions arides : le palmier dattier est un facteur d'unité culturelle dans le monde arabe, pour ses promoteurs.

    De leur côté, la France, l'Italie et la Suisse se sont alliées pour promouvoir l'alpinisme, tirant son nom de la chaîne de montagnes que ces trois pays ont en commun, les Alpes, lieu historique de cette activité.
    "Il y a très souvent des pratiques partagées par plusieurs pays (...) et autant que possible, on essaie d'encourager les pays à travailler ensemble, d'abord parce que c'est un signe de collaboration internationale et c'est encore mieux pour la sauvegarde du patrimoine concerné (...) On essaie d'utiliser ça pour faire des échanges entre les communautés à travers les frontières", a souligné, lors d'une conférence de presse, Tim Curtis secrétaire général de la convention du patrimoine culturel immatériel.

    "Cela n'est pas toujours possible et les pays peuvent présenter des éléments similaires séparément. Mais la bonne solution, c'est que les pays se mettent ensemble", a-t-il relevé.

Exceptionnellement, un dossier fera l'objet d'une étude inverse la semaine prochain : celle du retrait possible de la Liste du carnaval d'Alost, dans le nord néerlandophone de la Belgique, à la suite d'une polémique suscitée par des chars dénoncés comme antisémites.
    En mars, le bureau du Comité du patrimoine immatériel a unanimement décidé de mettre ce sujet à l'ordre du jour de la réunion de Bogota. Une première.

    "L'Unesco se devait d'être vigilante et ferme quant aux dérives d'un festival classé au Patrimoine de l'humanité et qui en bafoue les valeurs élémentaires. Ce n'est, de plus, pas la première fois que ces chars racistes et antisémites défilaient dans ce festival", avait alors déclaré la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay.

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