André Chassaigne (PCF) : « Ce gouvernement a abandonné ses fondamentaux qui devraient être les valeurs de la gauche »

Le 31 mars 2016, le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, également président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée Nationale, a demandé le retrait sans condition du projet de loi Travail.
Le 31 mars 2016, le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, également président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée Nationale, a demandé le retrait sans condition du projet de loi Travail.

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, n'a cessé, jeudi matin, de demander avec vigueur le retrait du projet de loi Travail lors de la manifestation à Clermont-Ferrand. Il souhaite une mobilisation encore plus forte pour faire plier un gouvernement qui "n'a plus de marque".

Par Stéphane Moccozet

Jeudi matin, il avait choisi de ne pas marcher mais d’haranguer. A Clermont-Ferrand, les 7 000 manifestants ont pu l’entendre répéter sans relâche son opposition totale au projet de loi Travail. André Chassaigne, le micro dans une main et ses convictions dans l’autre, n’avait pas de mots assez durs pour dire tout le mal qu’il pensait de cette réforme portée par Myriam El Khomri. « On ne peut pas admettre qu’on dise que l’intelligence, le progrès, c’est ceux qui veulent tout casser », hurle le chef de file du groupe communiste à l’Assemblée Nationale.
 
André Chassaigne vent debout contre le projet de loi travail
Le 31 mars 2016, 7 000 personnes (source préfecture) ont manifesté dans les rues de Clermont-Ferrand contre le projet de loi Travail porté par Myriam el Khomri. Positionné sur le parcours, le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne a harangué la foule, l'invitant à ne pas se décourager et venir encore plus nombreuse pour faire plier le gouvernement.

Le député du Puy-de-Dôme enfonce le clou à plusieurs reprises : le projet de loi Travail « doit être jeté à la poubelle », le gouvernement « qui n’a plus de marque (…) doit retirer son texte rétrograde ». Pour illustrer ses propos, deux personnages se livraient un bras de fer derrière lui. Le premier représentant la faucheuse, « le grand patronat qui fauche les forces actives et supprime des emplois », explique l’élu auvergnat, alors que le second, tout en rouge, « porte les revendications progressistes » loin de celles d’un gouvernement qui « a abandonné ses fondamentaux que devraient être les valeurs de la gauche, de solidarité, de défense des droits du salarié ».
 
Pour André Chassaigne, il n’y a ni alternative, ni compromis possible, ni conditions, le gouvernement doit retirer son texte. Et il compte sur le peuple pour arriver à ses fins. « Ce que je veux montrer c'est le lien entre la mobilisation et l'accompagnement que je peux avoir à l'Assemblée Nationale », poursuit-il en reconnaissant voir « ces manifestations avec un immense intérêt ». « C'est le sentiment que, dans l'hémicycle, on est plus des relais, des porte-voix, que des gens qui avons une parole solitaire. Je place mon action comme étant une action s'appuie sur la mobilisation ».
 
S’adressant aux manifestants, il rappelle que la réussite de leur action passe par la rue, nécessairement. « Il faut que l’ensemble de la population soit avec les syndicalistes, avec les jeunes, avec les étudiants », lance le député le poing serré, « la seule solution possible, c’est une massive mobilisation », être « des milliers à défiler, et encore davantage demain, et encore plus après demain ».
 
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André Chassaigne se réjouit de voir que la mobilisation n'est pas uniquement une mobilisation syndicale. Selon lui, elle prend une forme nouvelle qui appelle la classe politique à revoir sa copie sur ses pratiques. « On est, je crois, dans quelques choses de nouveaux où des forces isolées, avec des approches différentes, se retrouvent dans la rue pour changer les choses. A partir de là, je pense que quelque choses est en train de monter », constate-t-il. Le monde change et 2016 doit être l’année d’un « nouveau Front Populaire ». « On ne peut pas faire de la politique aujourd'hui comme on la fait depuis 50 ans », juge le député puydômois. Les hommes politiques doivent faire preuve « d'une très grande humilité, on ne doit pas s'enfermer dans nos pré-carrés partisans ».
 

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