Coronavirus : L'Ardèche privée de prime Covid de 1500 euros, un député demande des comptes

La liste des 40 départements dans lesquels les personnels hospitaliers pourront bénéficier de la prime maximum a été rendue publique. L’Ardèche n’y figure pas malgré un lourd tribut. Le député Hervé Saulignac réclame des explications au ministre de la Santé.
 

© France 3 Rhône-Alpes / Claire Cherry-Pellat


Le Gouvernement a publié mercredi 13 mai la liste des départements dans lesquels les personnels hospitaliers mobilisés pour lutter contre la COVID 19 toucheront la prime maximum de 1500 euros. En Auvergne-Rhône-Alpes, la Loire, le Rhône, la Drôme et la Haute-Savoie sont concernés. Dans tous les autres territoires, seuls les personnels des unités COVID des hôpitaux de référence pourront prétendre à cette prime de 1500 euros, partout ailleurs, ils ne toucheront que 500 euros. Quid de l’Ardèche ? Elle ne figure pas parmi les départements retenus. C’est inexplicable autant qu’intolérable pour son député Hervé Saulignac. Il demande des comptes au ministre de la Santé Olivier Veran.

"Ce traitement est incompréhensible, et il fait naître un réel sentiment d’injustice, d’iniquité. Une prime est censée remercier, témoigner de la reconnaissance et apaiser les tensions qu’a pu faire naître un travail acharné et risqué chez le personnel. Le gouvernement réussit à créer l’inverse et faire naître les dissensions."

Et les dissensions seraient nombreuses selon le député.
 Au sein d’un même établissement, par exemple le personnel hospitalier de Privas, hôpital de référence, touchera 1500 euros, mais uniquement les soignants de l’unité COVID. Dès lors, comment justifier que les techniciens, les manipulateurs, les blanchisseurs etc. n’y auraient pas droit alors même qu’ils ont, eux aussi pris des risques et redoublé d’efforts face à la pandémie et au surcroît de travail ? Au sein du même hôpital, des infirmières toucheront 1500 euros et d’autres non…
 

Une différence également entre les départements, même voisins : "Je ne conteste pas aux autres départements le droit de toucher cette prime mais qu’est-ce qui justifie que la Drôme soit sur la liste et pas l’Ardèche ?"
 

Quels sont donc les critères ?

Hervé Saulignac a demandé à la fois à la déléguée générale de l’ARS et à la Préfète les raisons qui ont motivé ce classement. "Des questions restées sans réponse, on m’a parlé de clusters mais justement l’Ardèche en compt. On m’a parlé de nombre de lits... rien de satisfaisant, elles étaient à court d’arguments."
 

Taux de positivité départementaux en semaine 18
Taux de positivité départementaux en semaine 18 © Santé Publique France

 

 

"C’est à se demander si l’Ardèche a été examinée" 

A regarder de plus près les chiffres publiés par l’ARS, difficile de ne pas considérer le département de l’Ardèche comme particulièrement touché.
 

 Taux cumulé de nouvelles hospitalisations par semaine pour COVID-19 par million d’habitants et par département d’hospitalisation S15 à S18
Taux cumulé de nouvelles hospitalisations par semaine pour COVID-19 par million d’habitants et par département d’hospitalisation S15 à S18 © Santé publique France


Pour le député "tous ces critères attestent de la souffrance que l’Ardèche a pu connaître, avec une sur mortalité terrible, plus de 221 personnes sont décédées, c’est un Airbus qui s’est écrasé sur un territoire qui compte seulement 330 000 habitants." Une souffrance qui visiblement a échappé aux radars du gouvernement "j’en viens à me demander si on a été regardé, examiné. Ce n’est pas possible, c’est un oubli je pense."

Par ailleurs,  les 3 hôpitaux ardéchois font partie de GHT (groupements hospitaliers territoriaux) Privas et Aubenas avec la Drôme et l’hôpital d’Annonay avec la Loire, "ces GHT ont parfaitement fonctionné, le transfert des patients s’est fait de manière efficace et tous les établissements ont travaillé ensemble. Pourquoi donc cette différence de traitement alors que le travail s’est mené en réseau ?"

Le député attend désormais une réponse du ministre.
Les soignants, eux, attendent leur prime qui devrait être versée sur le salaire de mai ou de novembre. Une prime qui, selon les syndicats a le mérite d’exister mais ne doit pas occulter une demande récurrente, la revalorisation pérenne des salaires.

 

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