Sécheresse. Avec la baisse du niveau de l'eau, le poisson est plus difficile à pêcher

Publié le
Écrit par Daniel Pajonk .

Les permis de pêche et les cartes d'adhérents aux associations de pêche connaissent une baisse importante. Ce qui ne lasse pas les responsables de s'inquiéter pour les années à venir.

Ca n’est pas peu de le dire, mais les rivières ardéchoises ont souffert plus que les autres de la sécheresse qui sévit depuis cet été dans ses vallées. On a déjà vu et observé les conséquences sur les pratiques touristiques, en particulier sur les descentes en eau vive qui se transforment peu à peu en randonnées pédestres sur de longs tronçons… Les pêcheurs dressent ce constat alarmant,  les pêcheurs du secteur de Privas ont perdu 15 % de leurs forces vives à cause des conditions de plus en plus difficiles pour attraper du poisson.

L’eau chaude manque d’oxygène

Dans les cours d’eau, les poissons souffrent, en premier lieu les salmonidés, qui ont un besoin très important en oxygène. Cette année, les truites sont à la peine. Explication apportée par le président d’une association englobant le secteur de Privas : « Le niveau de l’eau a baissé d’un mètre, donc elle se réchauffe plus vite. Cela entraîne l’appauvrissement du capital respiratoire des poissons. Le faible courant ne permet pas de renouveler l’oxygène, certaines espèces en font les frais », constate Michel Comtet qui préside la Loche de Privas.  La diminution du niveau d’eau dans les rivières pèse également sur les insectes qui vivent dans les zones halieutiques, dont les poissons se nourrissent. Mouches et autres coléoptères, les trichoptères disposent de moins de niches protectrices pour se développer et se reproduire.  Une sorte de cercle vicieux, en réalité la chaîne alimentaire qui se détraque.

Donnée supplémentaire qui ne joue pas en faveur de l’attractivité des pêcheurs : la disparition d’un bon nombre de poissons tout simplement dégustés par les oiseaux qui profitent de la faible quantité d’eau pour faire bombance. Selon les responsables associatifs locaux, hérons et cormorans s’en donnent à cœur joie. Si l’on ajoute les pompages sauvages dans les cours d’eau, on n’est pas loin de la cata, assure Michel Comtet.  

 

La sécheresse, un phénomène récurrent

Comme le niveau de l’eau qui chute, le nombre de cartes de pêche subit une hémorragie qui pourrait ne pas s’arrêter de sitôt. « Nous sommes très inquiets, avoue un pêcheur qui pratique son activité favorite depuis qu’il est enfant. Si les sécheresses se répètent, ce qui semble être parti pour, on est face à un risque d’amplification de ce phénomène. Des sécheresses de plus en plus tôt et qui durent de plus en plus longtemps dans la saison. Ça peut tourner à la cata ! »

D’où une demande formulée par des représentants du milieu de la pêche, les retours à des petits barrages qui permettraient de faire des petits stocks bien utiles en cas d’insuffisance d’eau en période d’étiage, en été. Un peu sur le mode des « levées » qui existaient autrefois, où les retenues permettaient à la fois d’alimenter les micro-centrales hydrauliques et les rivières en cas de diminution des niveaux.

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