Pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs, le métier n'a plus la cote

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Écrit par D.Mazzola (avec N.Ferro et M.Czaplicki)

La saison touristique va bientôt commencer et le manque de personnels pour encadrer la baignade se déjà sentir. En Ardèche, les gérants de piscines ont du mal à trouver des Maitres-Nageurs Sauveteurs pour surveiller les bassins l’été. Ils demandent des dérogations à la préfecture pour recruter du personnel moins qualifié.

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Le petit camping municipal de Saint-Michel-de-Chabrillanoux se trouve s ur les hauteurs de la vallée de l’Eyrieux. Comme chaque année, recruter un surveillant de baignade pour la saison estivale relève du parcours du combattant. 

Soulagement cette année : la piscine va pouvoir ouvrir. En effet, le maire a réussi in extremis à trouver un jeune de 20 ans dans le Lot. Mais pour la première fois, il sera titulaire du BNSSA (brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique). La préfecture de l'Ardèche a donné son feu vert. C'est un diplôme inférieur à celui de maître-nageur sauveteur. Il pourra surveiller la baignade mais il ne sera pas autorisé à enseigner la natation. 

"Les enfants à la fin de la saison, ils nageaient et là ça ne sera pas possible. C'est dommage, c'est un service qu'on ne peut pas rendre", déplore Gilles Lèbre, maire de Saint-Michel-de-Chabrillanoux.  Cette pénurie de MNS pose aussi un sérieux  problème pour  l'apprentissage de la nage aux plus jeunes. 

Pour certains sites, l'absence de personnels encadrant la baignage peut compromettre toute une saison.  "Si nous, on ferme la piscine, le chiffre d'affaires du camping va s'écrouler, ce n'est pas possible", assure le maire de  Saint-Michel-de-Chabrillanoux. La préfecture a également accordé une dérogation à la piscine de Saint-Péray.

Un métier qui coule à pic ?

De nombreuses piscines ou centres aquatiques  se retrouvent parfois contraints de réduire leurs horaires d'ouverture ou leurs cours de natation face au manque de MNS, maîtres-nageurs sauveteurs diplômés.

En  Ardèche, d'autres centres aquatiques sont encore en recherche de surveillants de baignade. Ainsi, à Lablachère, la piscine publique intercommunale "La Perle d'eau" a besoin de nouveaux surveillants pour boucler le mois de juin et ouvrir les deux bassins en même temps cet été. C'est un casse tête pour le gestionnaire.

"Je signe des contrats pour 20 heures, un week-end, deux jours, avec des indépendants, des petits contrats des gens qui sont sur le secteur et qui veulent bien venir nous aider. Je suis tous les jours à la piscine pour gérer les problèmes", explique Eric Boissin, président du Syndicat mixte "Piscine La Perle d'eau".

Peut-on parler de crise des vocations ? Au fil du temps, le métier de maître-nageur sauveteur ne fait plus rêver. Il a même perdu de sa prestance. En cause : des salaires qui plafonnent et des conditions de travail se sont détériorées. 

"Le jour où il y a un accident, si on ne respecte pas notre plan d'organisation des secours, c'est notre responsabilité qui va être engagée et on peut risquer des poursuites au pénal. Pour les salaires qu'on touche, on n'a pas forcément envie de prendre cette responsabilité-là", explique Hélène Legrand, maître-nageur-sauveteur à "La Perle d'eau".

Selon la fédération des maîtres-nageurs sauveteurs, il manquerait 2000 diplômés sur l'ensemble de la France.