Sécheresse : la plantation d'eau de pluie expérimentée en Ardèche

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En Ardèche, un éleveur de brebis de Champis a creusé des fossés dans la terre pour récupérer l'eau de pluie. On appelle cela "Planter l'eau de pluie". ©FTV

Pour lutter contre la sécheresse, des dispositifs voient le jour. En Ardèche, une expérimentation unique est en cours. Un éleveur de brebis de Champis a creusé des fossés dans la terre pour récupérer l'eau de pluie. On appelle cela "Planter l'eau de pluie".

Clément Damiens, 26 ans, est éleveur de brebis à Champis en Ardèche. 500 bêtes à nourrir ! Comme tous les agriculteurs et éleveurs, la gestion de l'eau est centrale dans son exploitation.

Garder l'eau près de soi

Avec des étés toujours plus secs, il est de plus en plus difficile de trouver de l’herbe de qualité pour le pâturage. Clément cherchait une solution depuis 4 ans quand une idée d'un autre temps lui est proposée : la plantation d'eaux de pluie. Elle part d'un constat très simple : puisqu'il ne peut pas augmenter le volume d'eau qui tombe du ciel, il faut tout faire pour la garder près de soi. Il creuse donc des tranchées sur une parcelle oubliée pour ramener de "la meilleure herbe". "Quand il pleut, l'eau qui ruisselle de la prairie du dessus, s'arrête dans le fossé au lieu de courir jusqu'au ruisseau situé en contrebas. Ça lui laisse le temps de s'infiltrer dans le sol" argumente Clément.

La stratégie de la plantation de l'eau de pluie se joue en trois coups :
Ralentir le ruissèlement de l'eau pour lui laisser le temps de s'infiltrer.
Lui faire parcourir le maximum de chemin en creusant les fossés légèrement en pente
Stocker l'excédent dans des bassins

Ralentir la fuite de l'eau

Les premiers coups de pelle mécanique ont démarré l’automne dernier. Quatre immenses fossés de 50 cm de profondeur voient le jour, soit 2 km. Le mois suivant, un orage de 100 mm fait déborder un fossé. Ce qui finit de convaincre Clément de la pertinence de ces travaux. "Ça donne espoir. Il faut juste améliorer la technique" se réjouit-il.

Montant des travaux : 35.000 euros, financés par l’état, la compagnie nationale du Rhône, et les collectivités locales. "Ce qu'il faut comprendre, c'est que la quantité d'eau ne diminue pas forcément sur l'année, par contre, elle tombe très différemment et on a des grandes périodes de sécheresse. L'enjeu de ces techniques plutôt ancestrales, c'est de faire en sorte que quand l'eau tombe, elle puisse être retenue pour permettre de s'infiltrer plus doucement. C'est l'intérêt de ces rigoles" explique Jacques Dubay, Maire (SE) de Saint-Péray et président de la Communauté de communes Rhône Crussol.

En complément, Clément Damiens a planté 2 000 arbustes juste à côté sur les 2 km de canaux. 
"Il y a une trentaine de variétés d'arbres au total pour ramener de la biodiversité, couper un peu du vent et permettre un meilleur stockage de l'eau avec une meilleure redistribution des différents nutriments".

Cette technique pour récupérer les eaux de pluie est une première en Ardèche. Trois autres éleveurs sont déjà intéressés par l'expérimentation. Plus simple à mettre en place que la retenue collinaire, elle lui est complémentaire. C'est juste un plus. Elle ne peut la remplacer. Ce ne peut être la solution finale, mais elle fait partie du panel d'expérimentations encourageantes mises en place dans le monde agricole pour lutter contre la sécheresse.