Assises de l'Isère à Grenoble: l'ombre de Jacqueline Sauvage plane sur le procès de Bernadette Dimet

Aux Assises de l'Isère / © France 3 Alpes
Aux Assises de l'Isère / © France 3 Alpes

C'était le 2 janvier 2012. Les gendarmes retrouvaient le corps de Bernard Bert dans un pré de Parmilieu, dans le Nord-Isère. En garde à vue, sa femme, Bernadette Dimet, avouait avoir tiré deux coups de feu sur son époux. Un mari violent. Une histoire comparable à celle Jacqueline Sauvage.

Par Franck Grassaud

La grâce présidentielle partielle accordée à Jacqueline Sauvage, cette mère de famille de 68 ans condamnée pour avoir tué son mari violent de trois coups de fusil dans le dos en 2012, offrirait-elle un nouveau regard sur les affaires liées aux violences conjugales?

Ce jeudi 4 février, on pourrait le penser. Les médias sont en nombre à Grenoble pour assister à un autre procès, d'une autre femme victime des coups et de la pression de son époux. C'était la même année que Jacqueline Sauvage. Après une énième dispute, Bernadette Dimet abattait son mari dans un champ. Ce chasseur lui avait appris à charger l'arme le matin même. 

Rapidement, les enquêteurs établissaient la responsabilité de la femme mais ils levaient aussi le voile sur la personnalité de Bernard Bert. Le carreleur se révélait être un bourreau. D'ailleurs, un an plus tôt, Bernadette était passée par la gendarmerie pour parler de sa peur: il la menaçait de mort. Elle préparait sa fuite. Mais devant l'insistance de son mari, Bernardette avait préféré régler seule cette nouvelle tempête, faisant signer un deal à Bernard sur le principe du: "je reste si tu ne me tues pas". 

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La tempête, cela faisait 39 ans que Bernadette la vivait dans son couple, chahutée par les coups violents, elle était devenue esclave. Plus encore, elle vivait avec l'homme qui avait violé ses deux soeurs au milieu des années 70. 









L'avocat de Bernadette Dimet parle aujourd'hui de "dénominateurs communs" avec l'affaire Sauvage. Pour autant, il n'envisage pas de plaider la légitime défense. "J'essaierai de décrire un homicide volontaire commis dans un contexte très particulier de désespoir", explique-t-il dans une interview accordée à Metronews

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