Brexit : en Auvergne, quelles conséquences pour les douaniers ?

Si le Brexit est effectif, les contrôles sur les marchandises seront rétablis / © Thomas Jouhannaud/MaxPPP
Si le Brexit est effectif, les contrôles sur les marchandises seront rétablis / © Thomas Jouhannaud/MaxPPP

Si le Brexit devenait réalité avec le Royaume-Uni, les douaniers ne seraient pas épargnés. En Auvergne, comme partout en France, les contrôles sur les marchandises seraient rétablis. 

Par D.Cros

En Auvergne, comme partout en France, les douanes se préparent à l’éventualité du Brexit, avec ou sans accord. "Si le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union Européenne, les frontières comme les contrôles sur les marchandises seront rétablis, à l’import comme à l’export" explique Jean-Pierre Chappuis, adjoint au directeur des douanes Auvergne.
 

Le Royaume-Uni deviendrait un pays tiers de l’UE

Les impacts sur le plan douanier seraient importants car, d'un point de vue règlementaire, le Royaume-Uni deviendrait un pays tiers à l’Union Européenne. Les marchandises seraient donc contrôlées comme celles des Etats-Unis et de la Chine.

En cas de changement de statut, les marchandises devront faire l’objet de deux déclarations, une en France et une au Royaume-Uni. Les sociétés auvergnates feront obligatoirement leur déclaration en ligne sur la plateforme douanière française DELT@. Cette plateforme devra être réactualisée pour permettre d’absorber l’augmentation des déclarations.

"Les contrôles seront de différentes natures" explique Jean-Pierre Chappuis. Puis il ajoute : "Nous vérifierons que le contenu des marchandises est bien conforme à la déclaration. Nous ferons de même avec la valeur monétaire indiquée. Nous pourrons également effectuer des contrôles sanitaires et phytosanitaires avec des équipes de vétérinaires".
 

Un surcroît de travail

En Auvergne, plusieurs sociétés seraient concernées. Il s’agit de grands groupes comme Michelin ou Limagrain, mais aussi de toutes petites PME qui ne font que 2 ou 3 échanges par an avec le Royaume-Uni. Durant l'année 2017, 320 entreprises ont procédé à des achats/ventes de marchandises en provenance ou à destination du Royaume-Uni. Ces flux ont représenté une valeur totale de 780 millions euros.
 

Le spectre d’un Brexit "dur" plane sur les exportations entre la France et son voisin. Cela inquiète les entreprises françaises comme la société Cruzilles à Clermont-Ferrand qui fabrique des pâtes des fruits confits. 
 

Actuellement, une quinzaine de douaniers est basée sur Clermont-Ferrand. Malgré la hausse de travail avec le Brexit, leur nombre resterait constant. Les douanes françaises mettraient en place 2 ou 3 bureaux supplémentaires sur la façade Atlantique, à Dunkerque et à Calais.

"Les contrôles seront effectués au sein des entreprises" précise Jean-Pierre Chappuis. Les douanes volantes continueront de traquer les produits de contrefaçon, de contrebande, comme le trafic de tabac et de stupéfiants.

En France, les syndicats de la profession qui compte 17 000 douaniers s’inquiètent et redoutent un surcroît de travail. Le gouvernement a débloqué, en mars, une enveloppe de 14 millions d'euros. Une proposition rejetée par les syndicats. Ils demandent que l'enveloppe soit revue à la hausse, à 20 voire à 25 millions d'euros.

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