Canicule à Grenoble: la difficile organisation du travail en plein air

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Écrit par Franck Grassaud

La température a passé la barre des 35°C à Grenoble, ce mardi 30 juin, et ce n'est pas fini, selon Météo France. Du côté des entreprises, surtout celles employant des travailleurs en plein air, la prévention est donc de mise.

Reportage. La ministre de la Santé elle-même, a appelé les entreprises "à réorganiser leur temps de travail lorsqu'elles le peuvent parce que c'est très dur de travailler à l'extérieur".

D'après le code du travail, l'employeur doit prendre "les mesures nécessaires" pour "protéger la santé physique" de ses salariés et les adapter en fonction du "changement des circonstances", comme les changements climatiques.

Dans le BTP, la législation précise même que l'employeur doit mettre à disposition des salariés "trois litres au moins par jour et par travailleur".

Reportage Jean-Christophe Pain et Dominique Semet
durée de la vidéo: 01 min 47
Canicule et travail en extérieur

Techniquement, on parle de canicule quand des températures très élevées sont observées pendant au moins trois jours consécutifs, le jour comme la nuit. D'après Météo France, nous sommes en plein dedans.

Samedi après-midi, la température pourrait même passer la barre des 40 degrés dans la capitale des Alpes. 

La Caisse intempéries
Créé en 1947, le régime de chômage intempéries est un dispositif de protection des salariés, qui se met en place lorsqu'une interruption du travail est indispensable à leur sécurité ou à la protection de leur santé.

Maçons, plâtriers, charpentiers, couvreurs, peintres en bâtiment, ramoneurs ou poseurs d'enseignes sont assurés d'être rémunérés lorsque leur employeur est contraint d'arrêter le travail, rendu impossible ou dangereux par des intempéries.

Lorsqu'il stoppe un chantier, le chef d'entreprise a 30 jours pour le notifier à la Caisse intempéries locale, en précisant l'identité des salariés concernés et les horaires auxquels ils ont cessé le travail.

L'employeur est tenu de les rémunérer comme s'ils avaient travaillé, et la Caisse intempéries indemnise l'entreprise à hauteur d'environ 75% de ce qu'elle a versé, en prenant en charge les cotisations sociales, pendant 55 jours au maximum.

Inscrites dans le Code du travail et appliquées sur tous les chantiers situés en France métropolitaine, ces dispositions spécifiques au BTP n'incluent toutefois pas la canicule. "Mais l'esprit des textes, c'est que le régime est là pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs", indique l'Union des Caisses de France (UCF), qui chapeaute la Caisse intempéries. Ainsi depuis quelques années, les demandes d'"indemnisation intempéries" liées à la canicule sont acceptées "au cas par cas".

"Cette pratique n'est pas dans les textes mais les pouvoirs publics sont au courant qu'on a un peu élargi leur application, pour en respecter l'esprit", précise l'UCF.
Seul, le ministère du Travail peut décider d'inclure la canicule dans le dispositif.

En attendant, la Fédération Construction et Bois du syndicat CFDT a demandé aux employeurs du BTP de renvoyer si nécessaire les ouvriers chez eux et de solliciter la Caisse intempéries.

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