Accusations de violences sexuelles commises par Richard Berry et Jeane Manson : un procès en diffamation à Aurillac

Vendredi 1er avril, un procès en diffamation se tient au tribunal correctionnel d’Aurillac. Coline Berry-Rojtman est poursuivie par son ex belle-mère Jeane Manson pour des propos tenus dans le Monde. Elle y accusait son père, le comédien Richard Berry, d’inceste, avec la complicité de sa compagne de l’époque.

C’est un procès très attendu qui doit se tenir vendredi 1er avril au tribunal correctionnel d’Aurillac. Coline Berry-Rojtman, fille du comédien Richard Berry, est poursuivie en diffamation, ainsi que Yann Bouchez et Lorraine de Foucher, journalistes au journal Le Monde et Louis Dreyfus, directeur de la publication du quotidien. Dans un article paru le 3 février 2021, après avoir déposé une plainte, Coline Berry-Rojtman racontait qu’entre des six et dix ans, Richard Berry et sa compagne de l’époque, la chanteuse Jeane Manson, l’auraient violée et agressée sexuellement. Des faits que ces derniers nient farouchement. C’est pour cela que la chanteuse poursuit en diffamation son ex belle-fille et les journalistes du Monde. Jacques Verdier, avocat de Jeane Manson, indique : « Ma cliente attend la condamnation de Coline Berry-Rojtman et des journalistes du Monde au titre de la diffamation. Coline Berry-Rojtman accuse Jeane Manson d’avoir commis des attouchements sur elle, avec Richard Berry, ce qui est complètement faux et aberrant. C’est abject, ignoble et stupide. C’est diffamatoire ».

" Ma cliente est combattive"

Selon son avocat, « Ma cliente est combattive ». Jeane Manson sera présente vendredi à Aurillac. Jacques Verdier précise : « Le procès se tient à Aurillac car son avocat est à Aurillac. Jeane Manson est une habituée d’Aurillac où elle vient très régulièrement. Elle se fait soigner à Aurillac et elle se fait défendre à Aurillac ». Sur le fond de l’affaire, Richard Berry et Jeane Manson n’ont toujours pas été entendus par la justice pour les faits dénoncés par Coline Berry-Rojtman. Son avocate, Me Karine Shebabo, souligne : « L’enquête est en cours. Se pose la question de la bonne administration de la justice. Si un juge statue de la diffamation alors que l’on n’a toujours pas les résultats de l’enquête préliminaire, il me semble qu’on prend peut-être le risque d’avoir des décisions différentes sur une même question, ce qui serait assez grave. L’enjeu de ce procès est de savoir si aujourd’hui notre société est prête à entendre la parole des victimes d’inceste ou s’il s’agit, par des procédures judiciaires d’être complice de l’incitation au silence qu’est l’inceste ».

" On ne pourra pas continuer à essayer de museler les victimes d’inceste"

L’avocate de Coline Berry-Rojtman indique sa stratégie de défense : « Il y a beaucoup d’éléments de procédure mais sur le fond, on va s’appuyer sur la bonne foi de ma cliente qui sait très bien ce qu’elle a vécu dans sa chair. On ne pourra pas continuer à essayer de museler les victimes d’inceste par des procédures judiciaires complètement inattendues. On vient saisir le tribunal d’Aurillac où tout le monde va être obligé de se présenter alors qu’aucune partie n’a de lien territorial avec cette juridiction. En matière de diffamation, vous pouvez poursuivre sur tous les endroits du territoire sur lesquels sont entendus les propos ou sur lesquels le journal est diffusé ». Me Karine Shebabo insiste : « On ne poursuit pas uniquement des propos qui concernent Jeane Manson mais également des propos qui concernent le père de ma cliente, Richard Berry. Les propos poursuivis évoquent un comportement qu’aurait eu son père, selon ma cliente, pendant toute son enfance. Il y aurait eu des scènes de jeux sexuels au domicile du couple Manson-Berry auxquels participaient les enfants ».

Un procès "attendu"

La fille du comédien est aujourd’hui âgée de 45 ans. Elle attend ce procès. Son avocate affirme : « Le procès est toujours attendu. Ma cliente est obligée de venir s’expliquer. Mais le procès est douloureusement vécu car nous sommes là en tant que prévenus. C’est paradoxal pour l’enfant qu’elle a été, sous l’emprise d’adultes qui ne se sont pas bien comporté à son égard. C’est en même temps une libération parce qu’elle est confrontée à ceux qu’elle accuse d’être ses agresseurs mais c’est aussi l’enfant qui devient adulte et qui peut maintenant faire face à ceux dont elle avait peur. C’est une très grande souffrance parce que vous vous doutez bien que de l’autre côté les arguments sont très peu juridiques et qu’on est au niveau du caniveau ».

La question de la prescription

Elle rappelle : « Je ne suis pas en capacité de dire si les faits rapportés sont sous le coup de la prescription. On dénonce des faits. La seule entité qui est capable de nous dire si les faits sont prescrits c’est le parquet. C’est pour cela qu’il était très judicieux de la part de notre Garde des sceaux de rouvrir les enquêtes préliminaires à chaque fois que de tels faits étaient évoqués, pour qu’on puisse vérifier la question de la prescription ». L’avocate de Coline Berry-Rojtman conclut : « La peur est là mais il y a la nécessité de faire face. Il faut être là pour montrer qu’on est quelqu’un de tout à fait crédible. Coline Berry-Rojtman l’a montré jusqu’à aujourd’hui. Elle est constante ». L’audience doit commencer vendredi 1er avril à 9 heures. Le jugement sera sans doute mis en délibéré.

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