Grève du 17 décembre à Aurillac : des cheminots bloquent les voies de la gare SNCF

Depuis le 15 décembre à Aurillac, le train n'attend plus le sifflet du chef de gare pour partir, et pour cause, il n'y en a plus. Cette suppression s'ajoute aux tensions liées à la réforme des retraites : les cheminots cantaliens bloquaient les voies SNCF depuis ce mardi 17 décembre matin.

Les cheminots bloquent les voies de la gare d'Aurillac et déposent symboliquement leur casquettes sur les rails.
Les cheminots bloquent les voies de la gare d'Aurillac et déposent symboliquement leur casquettes sur les rails. © L.Théodore / France 3 Auvergne
Depuis le 15 décembre, la gare d'Aurillac n'a plus de chef de gare. Une nouvelle source de colère pour les cheminots du Cantal, déjà mobilisés contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement Macron. Réunis ce mardi 17 décembre au matin en Assemblée Générale, ils ont décidé de bloquer les voies aux moyens de traverses. Symboliquement, les cheminots ont ensuite déposé leurs casquettes sur les voies. "Cette suppression crée une multiplication des modes de départ entre les différentes gares, ça met du flou en terme de fonctionnement et c'est risqué. C'est une nouvelle remise en cause de la sécurité ferroviaire", regrette Stéphane Rigal, secrétaire général  CGT cheminots du Cantal. Selon la SNCF, le poste de l'agent n'est pas supprimé mais ses fonctions sont modifées : "Effectivement il ne sifflera plus le départ du train, mais ce n'est pas spécifique à la gare d'Aurillac, c'est une mise en conformité à la réglementation européenne"

"A force, il n'y aura plus personne pour aider les voyageurs"

Pour les agents, le rôle du chef de gare est indispensable, pour accueillir et aider les passagers à trouver leur train, aider les personnes en difficulté à monter, ou encore vérifier que tous les passagers sont bien à bord avant le départ du train. "Ici on supprime les chefs de gare, après on va supprimer les contrôleurs comme c'est déjà le cas dans certains départements. A force, il n'y aura plus personne pour aider les voyageurs ni sur le quai ni dans le train et le chauffeur sera tout seul et reprendra toute la charge de travail et la responsabilité en terme de sécurité", explique Stéphane Rigal.  La SNCF confirme que l'agent ne sera plus présent sur le quai pour l'accompagnement des voyageurs, mais qu'il conservera certaines prérogatives : "Il aidera toujours les personnes a mobilité réduite, et sera présent en cas de perturbations pour orienter les voyageurs, mais sa présence ne sera pas permanente. "

Le départ des trains automatisé

Les conducteurs n'auront plus de coup de sifflet avant le départ, ils quitteront la gare lorsque l'aiguillage automatique le leur indiquera. En cas de rupture de correspondance, c’est-à-dire si le premier train d'une correspondance est en retard et s'il n'y a pas de chef de gare, il faudra prévenir le chauffeur directement et si ce n'est pas fait assez rapidement, le train partira sans les passagers en correspondance.

Les agents cantaliens déterminés

Si l'absence de chef de gare ne s'est pour l'heure pas faite sentir, en raison du faible trafic en cette période de grève, les agents craignent que le service proposé aux passagers ne s'en trouve dégradé. À cela s'ajoutent le refus de financer les uniformes, considéré par les agents comme des "économies de bout de chandelle", et les accusations de la direction de la SNCF à l'encontre des agents grévistes de priver les usagers de transports à Noël. À Aurillac, les cheminots se disent motivés à ne rien lâcher.
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