Pneus neige obligatoires : dans le Cantal les professionnels s’attendent à un gros rush

A partir du 1er novembre, les automobilistes du Cantal devront être équipés de pneus hiver, quatre saisons, de chaînes ou de chaussettes à neige. Les garages s’attendent à un surcroît d’activité dans les prochains jours.

C'est officiel depuis le vendredi 17 septembre, la loi Montagne II va s’appliquer dans le Cantal au sujet des équipements obligatoires sur les routes. Ainsi, à compter du 1er novembre, et pour toute la saison hivernale, les automobilistes empruntant une route du département devront munir leur véhicule d'un équipement adéquat. C'est également le cas dans les départements voisins de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme. Dès le 1er novembre 2021 et jusqu’au 31 mars 2022, il sera obligatoire pour tous les véhicules circulant sur les routes du Cantal, soit d’être équipé de pneus hiver ou quatre saisons, soit de détenir à bord du véhicule des chaînes ou chaussettes à neige.

Je ne suis pas en capacité d’équiper tous les clients pour le 1er novembre

Dans les garages du département, l’annonce de la préfecture a déjà fait réagir les clients. Marc Maury, gérant d’un garage à Saint-Flour, explique : « Quelques-uns ont déjà appelé depuis l’annonce officielle. J’espère qu’ils ne vont pas tous réagir en revanche parce qu’il me faut octobre, novembre et décembre pour équiper tout le monde. Je ne suis pas en capacité d’équiper tous les clients pour le 1er novembre ». Il poursuit : « On a fait du stock en prévision. Ici, dans le Cantal, beaucoup de monde s’équipe et là, cette loi les force à s’équiper plus tôt. Habituellement, les gens s’équipent à partir d’octobre pour les plus prudents. La grande majorité attend novembre, quand la première couche de neige arrive. Depuis l’annonce de la préfecture on a beaucoup d’appels, de demandes de devis, on a des gens qui passent et qui me font des commandes ».

Un gérant qui plaide pour les pneus hiver

Le gérant a une préférence pour les pneus hiver : « Je leur recommande du pneu contact hiver. Les pneus quatre saisons ne sont pas trop adaptés chez nous. Par expérience, ceux que j’ai pu monter il y a deux ou trois ans viennent souvent me dire que ce n’est pas terrible. Pour les gens de passage, les pneus quatre saisons sont plus recommandés ». Marc Maury s’attend à un planning chargé : « Le carnet de rendez-vous est plein. Ca va être le rush. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour moi car j’aime bien quand tout se passe normalement. J’ai du personnel prévu pour cela. Là, je dois modifier un peu mes plans ».

Le problème du personnel

Modifier ses plans, c’est aussi ce que va devoir faire Jean-Marc Sartre, responsable d’un garage à Aurillac : « Les premiers clients ont déjà réagi. Il commence à y avoir quelques rendez-vous. On a du mal à recruter, comme pas mal d’entreprises cantaliennes, pour monter les pneus. J’espère que les gens vont prévoir sinon cela sera extrêmement compliqué ». Il ajoute : « D’ordinaire, les gens s’équipent à partir du 15 octobre. Là, on a une dizaine de jours d’avance. On est inquiet et on se demande comment on va pouvoir les satisfaire. Dans l’atelier on est 6 personnes et on aurait besoin de 3 à 4 personnes en plus ». Pas de souci de stock en revanche, le professionnel semble avoir assez anticipé. Lui aussi opte plutôt pour le pneu hiver : « Je conseille de monter du quatre saisons ou du pneu hiver. Je préfère le pneu hiver. A Aurillac, on a vraiment besoin de ce type de pneus, et l’année dernière, ils ont bien fait leurs preuves. Cette loi Montagne est une bonne chose. Il faut savoir qu’un pneu hiver évacue beaucoup plus, même sous la pluie. On est plus en sécurité, il travaille à partir de 7 degrés au sol et il évacue environ 30 % d’eau en plus, par rapport à un pneu route. Les gommes sont plus tendres et c’est meilleur pour la sécurité ».

Selon moi, les gens vont se réveiller un peu plus tard, ils attendent le mois prochain

Dans une autre garage d’Aurillac, Marie-Hélène Emiel a aussi remarqué une hausse d’activité depuis quelques jours : « On a constaté une augmentation de 20 % des appels depuis l’annonce de la préfecture mais ça démarre doucement. Selon moi, les gens vont se réveiller un peu plus tard, ils attendent le mois prochain. Il y a déjà eu la rentrée et ses dépenses, et peut-être qu’ils attendent octobre pour étaler le budget ». Elle précise : « On s’attend à un gros rush. On a stocké le maximum de pneus. On recommande pour ceux qui restent en ville de mettre du quatre saisons. En revanche, pour l’automobiliste qui roule un peu, qui doit passer le Lioran, la côte de Saint-Cernin, on lui dit de mettre des pneus neige. Rien ne remplace un bon pneu neige. Le pneu quatre saisons est un compromis et il fait tout et rien en même temps. On est en règle mais ça n’a pas l’efficacité d’un pneu neige ».

Là, avec cette loi, ça touche davantage les citadins 

Pour Marie-Hélène Emiel, cette loi Montagne II va bouleverser quelques habitudes : « Pour les particuliers, les voitures sont de plus en plus équipées avec des pneus larges et cela représente un coût. On est dans un pays de montagne donc on avait déjà notre clientèle qui changeait de pneus en hiver. Là, avec cette loi, ça touche davantage les citadins ».  Au 1er novembre, les conducteurs qui circuleront dans les zones concernées sans équipement risqueront 135 euros d’amende et une immobilisation du véhicule.

 

Différentes conditions d'application

Voici comment s'applique la loi : 

• les véhicules légers, utilitaires et les camping-cars devront soit détenir des dispositifs antidérapants amovibles (chaînes à neige métalliques ou chaussettes à neige) permettant d’équiper au moins deux roues motrices, soit être équipés de quatre pneus hiver ;
• les autocars, autobus et poids-lourds sans remorque ni semi-remorque devront être équipés de dispositifs antidérapants amovibles permettant d’équiper au moins deux roues motrices ou de pneus hiver sur au moins 2 roues directrices et au moins 2 roues motrices ;
• les poids-lourds avec remorque ou semi-remorque devront détenir des chaînes à neige permettant d’équiper au moins deux roues motrices, même s’ils sont équipés de pneus hiver.
Les véhicules équipés de pneus à clous ne sont pas soumis à ces dispositions.

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