La vache Salers : une race d’avenir, on vous explique pourquoi

Originaire du Cantal, cette race présente de nombreuses qualités : résiliente, autonome, la vache Salers a tout pour plaire. Elle serait même plus résistante au réchauffement climatique.

La vache Salers sera largement représentée lors du Salon de l’agriculture. Originaire du Cantal, cette race ancestrale présente pourtant de nombreuses qualités étonnamment modernes, selon Frédéric Canal, président du Herd Book Salers : “La première qualité de la race c'est que c'est une race qui est rustique et qui sait s'adapter à tout climat, à toute région. Les éleveurs peuvent la décliner comme ils veulent, c'est aussi bien une vache allaitante que laitière. C'est la vache qui est restée la plus authentique, tout en ayant cette qualité que tout le monde recherche aujourd'hui, c'est-à-dire une vache facile à élever. Du vêlage jusqu'au sevrage du veau, elle est capable d'élever son veau toute seule. Elle sait mettre bas toute seule, parce que c'est la race allaitante au monde qui a la plus grande ouverture pelvienne, même en croisement charolais. Il y a donc très peu de frais vétérinaires. Ensuite elle est capable de revenir en chaleur naturellement, ce qui n’est plus trop le cas dans d'autres races. Elle a une bonne persistance laitière donc elle arrive à nourrir son veau jusqu'au sevrage sans complémentation.” Le Herd Book Salers est une association qui rassemble les éleveurs de race Salers qui souhaitent s’intégrer dans une démarche de sélection en pratiquant l’identification et la filiation de leurs cheptels.

Une race résistance

Si, pour Frédéric Canal, la vache Salers est une race d’avenir, c’est aussi parce qu’elle serait plus résistante aux températures élevées que d’autres races : “Les pigmentations de ses muqueuses font des petites tâches qui sont un peu plus brunâtres ou un peu plus noires. Lorsqu'il fait très chaud, elle prend moins de coups de soleil au niveau des mamelles. C'est surtout important au printemps. Elle a également un facteur qui lui permet d’encaisser les fortes amplitudes thermiques. C’est aussi vrai pour la race Aubrac.” Mais la plus grande force de la Salers reste selon lui l’autonomie, qui en a fait une race de choix pour les nouveaux installés, hors de sa région d’origine : “Par rapport aux 10 dernières années, c'est une race qui, en population, stagne. On est tous confronté au même problème : il y a un renouvellement de génération qui ne se fait plus dans l'élevage. Aujourd'hui, les exploitations s'agrandissent mais pas forcément le nombre d'animaux sur l'exploitation Par contre, hors berceau, cette race-là a tendance à se développer. Dans les zones extérieures au Puy-de-Dôme, Cantal et Corrèze, le nombre d'animaux de la race augmente. Ceux qui ont choisi la Salers continuent à progresser parce qu'ils l'ont choisie pour ses qualités. Ce n’est pas le cas dans le berceau en revanche.”

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"L’autonomie, c'est la plus grande force de la race aujourd’hui"

En effet, selon Frédéric Canal du Herd book Salers, elle est souvent choisie car plus facile à élever : “Un nouvel éleveur qui fait le choix de la Salers, il le fait parce qu’elle offre une qualité de vie : il n’a pas besoin de se lever la nuit pour vêler la vache, il a des frais vétérinaires en moins. Après, morphologiquement, quand on regarde des races plus spécialisées comme la Limousine ou la Charolaise, ces animaux ont, c'est sûr, beaucoup plus évolué que la race Salers, mais on ne peut pas progresser sur tous les domaines. L’autonomie, c'est la plus grande force de la race aujourd’hui.”

La vache Salers a donc bien rattrapé son retard et semble même s’imposer comme une race d’avenir : “Il y a 20 ans ou même seulement 15 ans, la race Salers était en retard par rapport à des races spécialisées, 10 ans. Aujourd'hui, on est 15 ans en avance sur les autres races grace à ce travail qui a été fait pendant de nombreuses années pour garder ces qualités-là. Il y a eu un revers de la médaille pendant de nombreuses années, c'est-à-dire qu'on a des animaux qui sont un peu moins musculeux que la Limousine ou que l'Aubrac. Par contre, on a cette facilité d’élevage, qu’aujourd'hui aucune autre race n'a.”

La Salers est présente sur la majorité des départements français avec un effectif total de 218 000 vaches en 2019. Avec un cheptel de plus de 100 000 vaches, le Cantal reste le département « phare » de la race Salers. La présence de la race Salers ne se limite pas au territoire français. Elle est également présente sur les 5 continents.