Marathon de Paris : Charly, 93 ans, un athlète d'exception

A 93 ans, Charly Bancarel participera dimanche 2 avril au marathon de Paris. Cet habitant du petit village de Salers (Cantal) est le doyen de la course. Il évoque sa passion et nous livre les secrets de sa forme exceptionnelle.

Un sportif infatigable. Charly Bancarel est connu dans le village de Salers, dans le Cantal, comme le loup blanc. Cette notoriété, il l’a doit parce qu’il a tenu un hôtel dans le village pendant des années, mais surtout parce que, malgré ses 93 printemps, il court sans cesse. Ce dimanche 2 avril, il disputera à nouveau le marathon de Paris pour la onzième fois. Le doyen de la course évoque sa condition physique : « Je suis en bonne forme mais je ne cours pas comme il y a dix ans. J’essaie de faire le mieux possible. Mon projet est de bien arriver. Je suis en bonne forme mentalement. J’espère courir en 5 heures dimanche. Il y a quatre ans, j’avais mis 5h10 pour boucler la course ».

"J’ai commencé à courir assez tard, vers les 70 ans"

Charly Bancarel explique comment il s’est lancé dans la préparation du marathon parisien : « Je me suis préparé en faisant du footing et en faisant du vélo avec sérieux. Mais comme il n’a pas fait très beau, j’en ai fait un peu moins. J’ai un vélo d’appartement dans mon garage, un rameur et des altères ». Mais Charly s’est mis au sport tardivement : « J’ai commencé à courir assez tard, vers les 70 ans. J’ai fait plusieurs marathons de Paris. J’ai fait 3 ou 4 semi-marathons et aussi les 20 km de Paris ». Le Cantalien livre les secrets de sa condition physique exceptionnelle : « Je prends du plaisir à faire du sport. C’est assez bénéfique puisque je suis toujours en bonne santé. Je pense que cela y contribue. J’ai passé un examen chez le docteur pour avoir mon certificat médical et il m’a trouvé en bonne forme. Les résultats de mes analyses de sang sont bonnes ». Il poursuit : « Je touche du bois car je n’ai jamais eu de gros problèmes de santé. J’en ai eu un une fois, quand je suis parti en voyage à Cuba. En revenant, j’étais un peu paralysé. Le médecin m’a dit que j’avais attrapé un virus mais que, comme j’étais en bonne santé, je l’avais moi-même éliminé ». Il y a encore quelques jours, Charly s'entraînait sur les routes du Cantal.

Un sportif aguerri

L’athlète détaille sa routine sportive : « Je fais des petits footings, mais je ne fais plus de trails dans la campagne parce que, comme je suis âgé, j’appréhende d’aller dans les petits chemins. On risque de tomber. Il y a des pierres qui roulent parfois. Maintenant, tout le sport que je fais, je le fais sur la route ». Charly note sur ses carnets toutes ses performances sportives : « Depuis une dizaine d’années, chaque fois que je faisais quelque chose, je le notais. Je faisais l’addition à la fin de l’année du nombre de kilomètres parcourus à pied ou à vélo. Les meilleures années, je faisais 1 000 km à pied et 3 000 km à vélo ». Il fêtera ses 94 ans en août prochain et est assez fier d’être le doyen du marathon de Paris : « Je ne veux pas me vanter mais je suis content d’être le doyen de la course. Il y a eu beaucoup de reportages sur moi. Les gens sont admiratifs quand ils me voient courir à cette âge-là ». Ses proches le soutiennent : « Ma famille est contente de me voir faire cela. Mes proches m’encouragent. Ma femme surveille mon alimentation avant la course ».

Objectif Paris 2024

Le nonagénaire partira samedi 1er avril en voiture jusqu’à Brive puis prendra le train en direction de la capitale. Paris est justement son objectif majeur pour les Jeux Olympiques : « Si je continue à être en bonne santé, j’espère participer aux JO de Paris de 2024. Je m’entraînerai beaucoup plus. Ce serait un rêve. Quand j’ai appris que les JO auraient lieu à Paris, je me suis dit, sans orgueil, que je pourrai participer ». Avant de partir à Paris, Charly a un message pour les jeunes, en toute simplicité : « Continuez à courir, vous en tirerez de bonnes satisfactions ». Le message est passé !