Qu’est-ce que le swatting, qui a fait sa première victime en Auvergne ?

Un streamer de Massiac dans le Cantal, a été victime de swatting ce dimanche 15 décembre. Le swatting est un phénomène issu d’Internet.  C’est un canular téléphonique qui vise le plus souvent un streamer, autrement dit une personne qui diffuse en direct ses parties de jeu video.
 

Un streamer de Massiac dans le Cantal, a été victime de swatting ce dimanche. Le swatting est un phénomène issu d’internet, dont le nom vient du terme SWAT qui désigne les unités spéciales de la police aux Etats-Unis.
Un streamer de Massiac dans le Cantal, a été victime de swatting ce dimanche. Le swatting est un phénomène issu d’internet, dont le nom vient du terme SWAT qui désigne les unités spéciales de la police aux Etats-Unis. © Jonathan Chastaing
Dimanche 15 décembre, un habitant de Massiac, dans le Cantal, a été victime de swatting. Le swatting est un phénomène issu d’Internet, dont le nom vient du terme SWAT qui désigne les unités spéciales de la police aux Etats-Unis. C’est un canular téléphonique qui vise le plus souvent un streamer, autrement dit une personne qui diffuse en direct ses parties de jeu video.
Le procédé malveillant est toujours le même. Un appel anonyme alerte les forces de police, en leur faisant croire à la nécessité d’une intervention urgente chez un particulier, présenté comme dangereux. Les streamers utilisant une caméra qui les filment lorsqu’ils jouent, l’objectif ultime du swatting est d’assister en direct à l’intervention des forces de l’ordre chez la personne visée. Une forme de harcèlement en ligne qui interroge sur la protection des données privées et sur la vulnérabilité d’internet.

C’est ce qui est arrivé à Jonathan Chastaing, alias « Purpledjo », un habitant de Massiac (Cantal) de 33 ans. Ce streamer très connu, qui revendique plus de 65 000 abonnés, était en pleine partie du jeu Fortnite dimanche matin, lorsque les gendarmes sont intervenus à son domicile peu avant 10 heures. Ils avaient été alertés par un coup de téléphone d’un individu se faisant passer pour Jonathan Chastaing, se disant armé et menaçant de tuer sa femme.
Une enquête a été ouverte par la gendarmerie pour dénonciation calomnieuse. Jonathan Chastaing a décidé de porter plainte, pour tenter de retrouver l’auteur de l’appel anonyme.

Le phénomène est apparu aux Etats Unis, où la police a utilisé le terme « swatting » pour la première fois en 2008.
En France, l’apparition du phénomène remonterait à 2015. La première victime répertoriée, le streamer « Bibix », a été interpellé par la police alors qu’il était en pleine partie de jeu vidéo, diffusée en direct sur la plateforme de streaming Twitch.
La police avait été alertée par un appel anonyme présentant le joueur comme un meurtrier. Interpellé avec sa femme, puis conduit en garde à vue, l’homme a été rapidement innocenté. Son adresse personnelle ayant été rendue publique sur Internet, il a été contraint de déménager. L’auteur du canular, un adolescent, a été condamné en 2016 à deux ans de prison ferme.
Les cas de swatting se multiplient. Dans la région, une affaire du même type s’est produite à Bourgoin-Jallieu (Isère) le 11 décembre dernier. Via son compte Twitter, la police nationale communique fréquemment sur le phénomène, et sur les peines encourues par les auteurs de ces canulars.
En rappelant qu’abuser des numéros d’urgence est un délit, la police nationale rappelle qu’un individu reconnu coupable du délit de fausse alerte encourt jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Le phénomène a notamment fait l’objet d’un film, « Swatted », réalisé en 2018 par Ismaël Joffroy Chandoutis. Le court métrage, mélange de documentaire et d’animation, a été récompensé par le Prix spécial du jury au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand l’an dernier.
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