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Tatouages : faut-il un code de déontologie ?

L'association Tatouage et Partage, basée à Chaudes-Aigues dans le Cantal, soutient le principe d'un code de déontologie du tatouage / Photo d'illustration / © Ludovic Petiot / MAXPPP
L'association Tatouage et Partage, basée à Chaudes-Aigues dans le Cantal, soutient le principe d'un code de déontologie du tatouage / Photo d'illustration / © Ludovic Petiot / MAXPPP

Le Cantalien Stéphane Chaudesaigues, qui milite pour une reconnaissance officielle des tatoueurs professionnels, défend le principe d’un code de déontologie. Une idée lancée à l'été 2018 par un collectif de tatoueurs du Berry.
 

Par Sandrine Montéro

« Quand j’ai commencé, ça fait presque 35 ans, nous étions une centaine en France. C’était une activité qualifiée de marginale à l’époque. Aujourd’hui, on est plus de 10.000 à exercer et 15.000 actes de tatouages sont effectués chaque jour ». Stéphane Chaudesaigues, tatoueur cantalien, connaît bien son sujet.
Basé à Chaudes-Aigues, il a fondé en 2011 l’association Tatouage et Partage qui milite pour l’obtention d’un véritable statut et la transmission du savoir entre professionnels. A ce titre, il défend le principe d’un code de déontologie, dont les grands axes ont été dressés cet été par des tatoueurs du Berry.
 

Un produit de consommation de masse


Et ce qui motive sa démarche, c’est d’abord ce constat : en 30 ans le tatouage est devenu "un produit de consommation de masse". « Dans la rue, à la plage, sur les sportifs, les chanteurs, le tatouage crève l’écran. On en vient presque à compter plus facilement les personnes qui ne sont pas tatouées », observe-t-il. « Or, on n’a toujours pas de reconnaissance professionnelle. Et aujourd’hui, il y a un problème de fond : si on parle de 15.000 actes par jour, il est évident qu’on multiplie les risques liés à une infection ou une mauvaise réalisation. Il n’y a pas de diplôme, de formation, d’encadrement. N’importe qui peut devenir tatoueur », explique le président de l’association Tatouage et Partage.
 

Stop aux prix cassés


« On écrit tous les mois aux ministères de la Santé, de l’Economie ou du Travail, on travaille pour sensibiliser les élus ». Mais en attendant que le gouvernement se penche sur la question, l’association soutient les préconisations faites par des professionnels berrichons dans un code de déontologie . Il s’agit notamment de dire « stop aux prix cassés » et de mettre en place une concertation sur les tarifs pratiqués, pour lutter contre la "concurrence déloyale". « On constate la prolifération sur les réseaux sociaux de tatoueurs qui font des tatouages à 30 euros. Ces gens ne sont pas déclarés. Si on tient compte de la TVA, des charges inhérentes au matériel et à l’activité, il ne peut pas y avoir de tatouage en dessous de 80 euros », estime Stéphane Chaudesaigues.
 

Vers une école de tatouage...


Un autre point vise à réguler les périodes de soldes face à la multiplication des « Black Fridays » ou de « Flash Days ». Le collectif appelle aussi à l’arrêt des diffamations entre confrères, il préconise d’adresser des avertissements à ceux qui travaillent dans la clandestinité, avant d’envisager un signalement à l’Agence Régionale de Santé…
Autant d’éléments qui vont dans le bon sens pour Stéphane Chaudesaigues, qui propose d’utiliser le Berry comme cellule de test, dans la mise en place de règles de bienséance. Le Cantalien souhaite également ouvrir une école de tatouage avec apprentissage libre et gratuit dans le département, un projet qui connaît « des avancées significatives », dit-il, sans plus de détail. « Une école diplômante est justement le moyen le plus logique et le plus juste de juguler le flot continu de tatoueurs entrant chaque année sur le marché du travail », souligne l’association Tatouage et Partage.
 

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