La Clinique Belledonne se bat pour conserver son pôle de chirurgie cardiaque

Ce patient a été sauvé par les chirurgiens de la Clinique de Belledonne, début janvier.
Ce patient a été sauvé par les chirurgiens de la Clinique de Belledonne, début janvier.

Ce jeudi 7 février, la direction et le personnel de la clinique organisaient une conférence de presse pour alerter les élus locaux et les pouvoirs publics de la décision prise par l'ARS (Agence Régionale de Santé) de déplacer le service chirurgie au CHU de La Tronche dès 2014.

Par Céline Aubert

Sans la Clinique Belledonne, Jean Emaille ne serait peut-être plus là. "Je suis ému, et reconnaissant... D'ailleurs chaque fois qu'il me croise, le Dr Fleury (le chirurgien qui l'a opéré) me dit 'alors le miraculé ?'"

Le 4 janvier, ce monsieur a été victime d'un accident cardio vasculaire, à Saint-Siméon-de-Bressieux, en Isère. Les secours l'emmènent d'urgence au CHU de Grenoble, où il est suivi, et devait être opéré quelques jours plus tard. Problème, les urgences de La Tronche sont saturées... Jean Emaille est re-dirigé vers la Clinique Belledonne à Saint-Martin-d'Hères où il est opéré, et sauvé. "S'il avait fallu m'amener à Lyon, je n'aurais pas tenu, c'est trop loin" explique-t-il. 

L'histoire de Jean Emaille illustre bien à quel point la disparition du service de chirurgie cardiaque de la clinique Belledonne serait dommageable pour les patients isérois. "Le CHU de La Tronche a déjà beaucoup de mal à gérer ses propres urgences", explique le Dr Denis Poupot, anesthésiste réanimateur. "Je vois mal comment ils pourraient aussi gérer nos 3 000 entrées directes, et les patients que nous amène le SAMU. Cela paraît impossible."  

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Sauver le pôle de chirurgie cardiaque à Belledonne
Lieu de tournage : la Clinique de Belledonne à St-Martin-d'Hères. Intervenants : Jean Emaille, patient de la clinique. Dr Denis Poupot, anesthésiste réanimateur à la Clinique de Belledonne. Dr André Benbassa, directeur de la stratégie à la Clinique de Belledonne.

D'autant que Belledonne accueille quasiment autant de patients que le CHU (à peu près 30% chacun). Les deux établissements ne sont pas concurrents, mais complémentaires. Et de depuis de nombreuses années.


Belledonne et le CHU, une collaboration privé-public depuis 22 ans 


La première intervention chirurgicale de la Clinique Belledonne a eu lieu le 5 juin 1989. Quelques années plus tard, le Ministère de la Santé autorisait l'établissement à poursuivre son activité de chirurgie cardiaque dans le cadre d'un contrat d'association passé avec le CHU de Grenoble. Ce contrat autorise leur collaboration, et plafonne l'activité de Belledonne à 300 interventions par an. 

En 2008, les deux établissements signent une convention qui les réunit en un Groupement de Coopération Sanitaire (GCS), mettant en oeuvre une synergie entre service public et privé pour un meilleur partage des soins.

L'année suivante, l'ARH Rhône-Alpes (Agence Régionale d'Hospitalisation dont les fonctions ont été englobées par l'ARS) autorise Belledonne à poursuivre à condition d'un rapprochement sur le site du CHU.

La Clinique de Belledonne a effectué 6 400 opérations du coeur en 23 ans. / ©
La Clinique de Belledonne a effectué 6 400 opérations du coeur en 23 ans. / ©


La fermeture du pôle de chirurgie cardiaque menace l'avenir de la Clinique


"Si on perd le service de chirurgie cardiaque, on perd le fondement de la clinique, on risque de fermer", explique le Dr Benbassa, qui s'occupe de la communication du Groupe Alpes-Belledonne.

La chirurgie cardiaque représente 13% du chiffre d'affaires de l'établissement, l'activité cardiovasculaire en représente 33%. Sur les 602 salariés employés au total, plus d'une centaine sont concernés par cette spécialité. 













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